C’est la pluie qui tombe petit à petit qui remplit le fleuve.

En 1984 je m’étais rendu à Diama, là où l’organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) était en train de construire un barrage. Il devait permettre l’irrigation de la vallée du fleuve et produire de l’électricité pour les 3 pays concernés par le fleuve : Sénégal, Mali et Mauritanie.  
A l’époque, ce projet était très controversé par de nombreuses ONG et en particuliers celles intervenant au Sénégal et celles qui s’occupaient des problématiques d’environnement. René Dumont lui même était très critique en raison de l’expropriation des populations, des risques sur l’écosystème fluvial et en particulier les risques de salinisation du fleuve.

Bateau de pêche sur le fleuve Sénégal

Force est de constater que, même si le barrage a provoqué des déplacements de populations, il permet aujourd’hui d’alimenter en électricité une partie du Sénégal, et surtout la production agricole, grâce à l’irrigation de la vallée du fleuve, a augmenté.  Les Sénégalais parlent de ce projet comme d’un vrai succès.

A l’inverse, en 2003, le gouvernement Wade a créé une embouchure artificielle du fleuve, large de 4m, Situé à 5 km au sud du pont Faidherbe et qui devait permettre de favoriser l’écoulement du fleuve vers la mer et lutter ainsi contre la montée des eaux.  L’embouchure naturelle se trouvait alors à 30km du pont. Une société marocaine avait en charge ces travaux. Le résultat est catastrophique, car l’érosion de la langue de Barbarie par le mer fait que ce canal à aujourd’hui 6 km de large et cette brèche augmente encore. L’embouchure naturelle, elle, s’est fermée en raison du sable et du peu de courant. La mer rentre à présent dans l’estuaire très près de la ville et attaque la langue de terre menaçant directement la quartier populaire de Get Ndar.
La montée des eaux due au changement climatique aggrave encore le risque de disparition de Saint Louis. Déjà maintenant, certains terrains ne peuvent plus être exploités pour le maraîchage en raison des inondations et salinisations.

Nous entreprenons une promenade en pirogue pour longer cette bande de terre séparant le fleuve de la mer et appelée langue de Barbarie. L’eau du fleuve est brunâtre ce qui est la couleur caractéristique en saison de pluie car le fleuve charrie le sable de la Guinée, du Mali et du Sénégal jusqu’à la mer.

Les pélicans de la langue de barbarie 2018)

Des pélicans, cormorans et autres aigrettes habitent les lieux.
Le fleuve est riche en poisson et ces oiseaux trouvent ici la nourriture qui leur est nécessaire (1,2 kg pour le pélican).

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