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Going, going, Gone

Le dernier jour de notre séjour.

petit_P1010225Nous rentrons en avion de Lalibela à Addis Abeba via Gondar. C’est l’occasion de survoler ce surprenant relief qui donne l’impression que la montagne, ancienne, a été labourée.

Des haut plateaux, vastes, sur lesquels sont perchés des villages et des champs bien ordonnés. Entre ces plateaux de profondes crevasses de quelques centaines de mètre parfois.

 

petit_P1010233Partout, vus du ciel, ces étranges petits points jaunes, dernières traces qui témoignent des zones de vannage de l’orge, du blé ou du tef.

 

 

petit_P1010240De retour à Addis, nous traversons en voiture mercato. Le plus grand marché populaire d’Afrique. Une ville dans la ville. On y trouve de tout… par quartiers, les différents produits nécessaires à la vie de tout les jours, de la pièce de voiture au sachet d’épice. Même un quartier spécialisé dans le recyclage; car la petite bouteille d’eau minérale vide s’avère particulièrement utile aux nomades qui gardent le troupeau, le tonneau de 200 litres d’huile coupé en  2 devient une bassine pour laver le linge, le pneu abîmé devient une sandalette, etc…. Pas de grosses théories sur le traitement des déchets, c’est une évidence ici.

Tamrou nous invite à une cérémonie du café chez lui. L’occasion de faire connaissance avec son épouse et son petit bébé. Une petite maison de location de 10m sur 10m qui lui coûte environ 40€/mois, lui qui n’en gagne que 120.

Notre dernière soirée avant le décollage nous la passerons avec lui dans un restaurant traditionnel ou musiques et danses Ethiopiennes agrémentent les plats traditionnels.

Et c’est le départ… Et il n’y aurait pas de départ, s’il n’y avait pas eu de rencontres.

Et il me vient encore une chanson de Dylan :

« As I travel down life’s pathway,
Know not what the years may hold.
Precious memories flood my soul »

Standing in the doorway

Nous sommes presque à la fin de notre voyage, mais dans un lieu dont presque tout le monde a déjà entendu parler, ne serait ce que par les reportages à la télévision : Lalibela…

Bete Giyorgis
Bete Giyorgis

Le roi Lalibela (XII° siècle) de la dynastie des Zagoué a eu dans un rêve une révélation du Christ lui demandant de construire une nouvelle Jérusalem. Il fit alors creuser 11 églises directement dans la roche. Elles sont pour la plupart monolithiques, creusées dans une roche volcanique qui ressemble au grès . D’abord les contours ont été creusés, puis l’intérieur a été travaillé du plafond au sol. Le site est magnifique, malheureusement la roche est friable et beaucoup d’entre elles ont du être protégées par des toits grâce au financement de l’UNESCO.

Les églises sont petites et les pèlerins sont dans, et autour, des églises. L’approche de Noël a déplacé de nombreux fidèles. Des chrétiennes orthodoxes d’Arabie Saoudite ont essayé d’engager la conversation. Elles sont venues exprès pour le Noël orthodoxe ici.petit_P1010167

C’est la Saint Georges dans le calendrier orthodoxe donc je profite des chants et des danses traditionnelles chantées par les pèlerins.

Les chants sont en Guèze : On m’explique qu’il s’agit d’un chant d’unité, d’un chant de paix et de louange pour les saints : Michel, Georges, Gabriel, etc….

Le Guèze est maîtrisé par les moines et prêtres mais les fidèles, pour la plupart, ne le comprennent pas. Une explication est donc systématiquement donnée, ce qui explique la durée des cérémonies.

Il y a 11 églises réparties en deux groupes géographiquement peu séparées. Elles sont reliées entre elles par des failles, par des sentiers, des escaliers ou des tunnels. L’un des tunnels fait 50m de long dans une totale obscurité.

Le guide m’explique que l’obscurité est volontaire. Une légende populaire dit que les pèlerins optimistes qui passent ce tunnel pour aller à l’église suivante montent au paradis. Les pessimistes vont en enfer. Les choses sont simples finalement si on pense positivement .

 

Prêtre expliquant l'histoire de St Georges
Prêtre expliquant l’histoire de St Georges

 

Long ago, Far away

Crêche de Bergheim (2014) : Clin d'oeil à Marie-Christine et Jean-Noël
Crêche de Bergheim (2014) : Clin d’oeil à Marie-Christine et Jean-Noël

Une autre histoire qui a bercé notre enfance, celle de ces trois rois mages venus adorer Jésus dans la crèche…. Légende apparue au VI° siècle….

L’un était blanc et venait d’occident, l’autre venait d’Orient et le troisième, Balthazar, était noir et  venait d’Afrique. Ce point n’est pas très clair car certaines sources disent que c’était Melchior qui venait d’Ethiopie. Un théologien pourra clarifier cela :-).

Enfant, je ne me posais pas la question de savoir de quel pays d’Afrique mais je me rappelle que Balthazar avait apporté avec lui encens, or et diamants.

Certaines églises que nous avons visité avaient des peintures murales qui représentaient cela.

Certains textes Éthiopiens affirment que les trois rois venaient d’Éthiopie mais c’est peut-être exagéré… Pas objectif…

C’était il y a longtemps, loin….

 

I cross the green montain

Nous partons de bonne heure de Mekele (capitale du Tigré) vers Lalibela, deuxième capitale d’Ethiopie après Axoum et avant Gondar.
Tamrou annonce la couleur : « Chinese road », ce qui nous laisse sous entendre que ce ne sera pas de la moquette. En effet, la route bitumée présente sur de longues distances des ornières de goudron profondes de 10 à 20cm. La route à 2 ans… Sur le trajet nous rencontrons 3 camions renversés dans des virages… Des freins défectueux, des camions trop chargés ou des virages mal négociés sont la cause majeure des accidents ici. Un camion également à renversé un charrette hippotractée.

Dromadaires sur la piste
Dromadaires sur la piste

Petit à petit les choses changent nous faisant comprendre que nous nous rapprochons du Wollo.
Les vêtements d’abord, les hommes portent moins le pantalon et d’avantage la toge blanche.
Les coiffures des femmes ensuite qui portent toujours des tresses plaquées sur le haut de la tête, mais des cheveux non tressés sur les cotés.
Plus de mosquées aussi et de plus en plus de dromadaires.
On peut penser un moment qu’ils divaguent seuls dans les champs ou la brousse mais il y a toujours, quelques centaines de mètres plus loin, un enfant ou un adulte qui les surveille.
Leur pas est nonchalant, comme si le temps n’avait pas de sens… comme si rien ne pressait… rien à voir avec les ânes peureux qui détalent parfois pour des raisons inexpliquées.
Nous passons à coté d’une route de caravane qui permet aux populations afars de transporter du sel, du désert du Danakil vers les centres commerciaux. Nous avions croisé souvent les afars lors de notre dernier voyage. Grands marcheurs, peuple fier, toujours armés de couteaux, de sabres ou de fusils. Tamrou nous explique qu’ils traversent la route quand bon leur semble. Aux voitures de s’adapter à ces nomades qui connaissent et occupent l’espace depuis des millénaires.
Le paysage est changeant… Dans les zones frontalières avec le Tigré, le Wollo est verdoyant, irrigué, cultivé.

L’aide internationale et les ONG ont fait un gros travail pour l’agriculture ici. Nous pouvons observer les tiges de maïs assemblées en meule qui feront du fourrage pour le bétail. Les paysans battent les grains, labourent ou plantent de nouvelles graines. Difficile de croire que cette région a connu la plus grande famine de tous les temps.

petit_P1010074Et plus long, après avoir traversé cette colline verdoyante, un paysage qui devient lunaire. La terre semble composée de mini rochers volcaniques.  Seules les bêtes errent par là… moins d’agriculture, plus de pauvreté.

Les maisons sont construites encore en pierre, mais plus traditionnelles, même si dans certains villages des maisons traditionnelles à deux étages laissent entrevoir la présence de famille plus grande ou plus fortunées.

village wollo
village wollo

Nous arrivons en fin de soirée à Lalibela.

Danses près du feu de bois
Danses près du feu de bois

Notre fêtons notre réveillon, ici, dans un haut lieu religieux…. Dans ces montages rocheuses. Notre hôtel donne une vue imprenable sur le plateau de Lalibela. Le roi Lalibela n’a pas choisi ce lieu par hasard. Sur le plan militaire il offre des garanties de sécurités certaines.

Notre année 2014 sera plus courte de 2h, 2015 sera peut-être plus longue.

Nous passons l’année aux rythme du tam-tam et du violon Ethiopien à regarder et à danser des danses du Tigré et du Wollo.

Nous pensons à vous, qui buvez du champagne (merci ) ou autre chose. Nous buvons du Tedj, trop sûrement, en pensant à vous tous.

Pour vous serrez dans nos bras, il faudra attendre encore un peu mais on y pense fort.

Immense bonne année à tous.