Political world

La monnaie de l’Éthiopie est le birr (prononcer bêrr avec un R roulé). 1 birr vaut 4cts d’euros et le billet le plus grand est le billet de 100 birrs.
Changer 100€ conduit donc à avoir au mieux 25 billets… Imaginez s’il faut changer 2000€ 😛
Un repas au restaurant coûte environ 100birr et le salaire habituel est de moins de 10 birrs par jour pour les ouvriers. Un café (de consommation courante) au restaurant coûte 7 birrs et une bière 15 birrs.
Notre situation de touriste nous place donc bien sûr dans une position de nantis et il n’est pas surprenant de se faire accoster par une main tendue. Difficile de trouver la bonne réaction, difficile de rester indifférent.
Mais même en cas de refus, la gentillesse et les sourires restent présents. Pas d’agressivité.
tamruTamru notre chauffeur est un homme de 38 ans très agréable mais réservé. Il nous parle souvent de son enfant de 6 mois.
Son anglais est approximatif car le décès prématuré de son père l’a obligé très tôt à quitter l’école pour aider sa mère à soutenir ses deux petites sœurs. Et au final il s’est marié tard… En Éthiopie, il est rare d’avoir des enfants avant le mariage. C’est très mal vu même chez les suris.
L’avantage de sa difficulté en anglais est qu’une question sur un sujet entraîne une réponse sur un autre sujet tout aussi intéressant. 🙂
Nous quittons Axum pour nous rendre vers les montagnes Geralta.
La route en lacet nous fait passer au travers de ces montagnes accidentées de roche rouge ou calcaires.
De temps en temps nous rencontrons un camion, qui, si la route n’est pas bitumée, nous impose un rideau de poussière nécessitant un arrêt. Tamru nous explique en riant que les camions sinotrack chinois sont appelés par les Éthiopiens Al Quaida. Leurs freins sont faillibles et, du fait de la remorque mal dimensionnée, ils ont tendance à se renverser lorsque les Éthiopiens les chargent de trop.

Ca ne vaut pas les camions volvo 🙂

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Paysan extrayant le grain de la paille.
Paysan extrayant le grain de la paille.

Les boeufs, les ânes et les chèvres traversent la route sans se préoccuper de la circulation. « The donkeys are the kings of the roads in Ethiopia » nous dit le chauffeur avec un petit sourire. Les enfants aussi, avec leur uniforme scolaire, occupent toute la largeur de la route, soit pour jouer avec un ballon fabriqué avec un bout de tissu et de la paille, soit pour se raconter leurs dernières histoires.
Comme dans beaucoup de pays d’Afrique, les écoliers portent des uniformes pour éviter la distinction sociale. Pour éviter aussi qu’ils viennent à l’école avec des vêtements en loques. Car l’école est une chose sérieuse ici. Depuis longtemps les gouvernements successifs investissent dans la scolarisation. Ils y apprennent l’amharique, l’Oromo ou le Tigré (les trois langues principales, mais environ 80 langues différentes sont parlées en Éthiopie) ainsi que les signes alphabétiques communs à ces trois langues et dérivés du guèze lui même dérivé du grec et de l’hébreu. Plus tard au collège, ils apprennent l’anglais et l’alphabet romain.

Cérémonie du café : torréfaction
Cérémonie du café : torréfaction

En traversant Adoua, nous voyons cette colline où Menelik II vainquit les italiens. Ces derniers étaient équipés d’armes modernes, mais se situaient au bas de la colline. L’armé de Ménélik avaient pour elle l’avantage du nombre et surtout elle surplombaient l’armée Italienne. Les armes Ethiopiennes étaient anciennes et moins efficaces vendues par des aventuriers comme Arthur Rimbaud.
L’issue de la bataille a été terrible pour l’armée italienne et mit fin à la première tentative coloniale.

Nous finissons notre trajet de la journée dans une petite ville de 8000 habitants au pied des monts Geralda. Cette ville a été bombardée en 1988 par l’aviation Éthiopienne commandée par Mengistu (président ayant succédé à Hailé Selassié) pour attaquer les rebelles sécessionnistes tigréens… 2000 morts chez les civils.
Pour la première fois depuis notre séjour nous sommes confrontés à la barrière de la langue. Même les adolescents semblent ne pas comprendre l’anglais.
C’est quelque chose de frustrant d’avoir envie de communiquer et de ne pas pouvoir. D’être face à une langue sans aucune racine commune. De plus les inscriptions sont toutes en écriture amharique… dur de trouver un cyber café, dur de trouver des allumettes…. Mais ceux qui ont été au Bengladesh ( 🙂 ) au Maroc (re 🙂 ), au Japon ( re re 🙂 ) ou ailleurs comprennent ce que je veux dire.

Dany, on t’embrasse très fort pour ton anniversaire.

Une réflexion sur « Political world »

  1. merci Claude et Norbert
    nous suivons le blog et voyageons dans l’espace et l’histoire grâce à vous
    je vous souhaite encore plein de belles découvertes et rencontres
    gros bisous à vous deux
    Dany

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