God knows

Nous avons tous sûrement en mémoire cet épisode d’Indiana Jones où Sean Connery jouait le rôle du père d’Indiana : les aventuriers de l’arche perdue.

Chapelle de l'arche - Aksoum
Chapelle de l’arche – Aksoum

Ce film met en scène l’arche d’alliance. Ce coffre dans lequel Moïse a placé les tables de la loi reçues sur le Mont Sinaï.

Cette arche était gardée dans le palais de Salomon à Jerusalem (livre des Maccabées) mais la légende raconte que lorsque Ménélik est retourné en Ethiopie après des années d’éducation auprès de son père, il a emmené l’arche avec lui, pour la mettre en lieu sûr sur une île du Lac Tana (d’après le livre Kebra Nagast : La gloire des rois). Plus tard, elle a été déplacée à Aksoum dans l’église Sainte-Marie-de-Sion où elle est toujours sous la garde, jour et nuit, d’un prêtre orthodoxe seul autorisé à la voir.

Toutes les églises orthodoxes d’Ethiopie possèdent une copie de l’arche. Lors de la fête de Timkat le 19 janvier, ces copies sont transportées cérémonieusement.

 

Solid Rock

petit_P1000568Nous sommes le 26 décembre et nous dirigeons vers Gondar.

Nous traversons la région Amahrique à 200km de la frontière Soudanaise à travers des paysages magnifiques.

Partout, nous voyons l’activité des paysans. Ils labourent la terre car ils viennent de récolter la canne à sucre, le tef, l’orge ou le maïs. Les boeufs et la charrues les aident à creuser ces sillons qui recevront les plants de pomme de terre ou d’autres semences pour une deuxième récolte.

Plus loin les ânes ou les bœufs tournent en rond sur un tapis de paille séchée… Leur piétinement permet de séparer le grain de sa tige.

Petit clin d'oeil à Dany, Melo et Gaby : des touc-toucs
Petit clin d’oeil à Dany, Melo et Gaby

Des maisons se construisent. La récolte étant vendue, les paysans ont de l’argent pour acheter les maigres troncs d’arbres d’eucalyptus qui feront les montants des murs de la maison ainsi que la tôle ondulée pour le toit. La paille et la boue permettent de combler les interstices dans les murs.

Les pitons rocheux sont impressionnants sur la route et les murets permettent de limiter l’érosion et favorisent la culture en terrasse.

Au début des années 1980, René Dumont publiait « Pour l’Afrique j’accuse ». Je me souviens qu’il a consacré un gros chapitre à l’Ethiopie, 10 ans après la famine de 74 qui a  précipité la chute d’Hailé Selassié juste avant la grande famine de 84 dans le Wollo. Ce livre devait être la suite de son livre   « L’afrique noire est mal partie » tant décrié dans les milieux africains…

En particulier Dumont critiquait les choix du pouvoir marxiste léniniste de Mengistu qui favorisait l’industrie et l’armée  mais délaissait l’agriculture. Les choses ont un peu changé je crois… Les routes sont excellentes, les paysans peuvent écouler leurs produits, les bidonvilles sont peu à peu remplacés par des zones d’habitation correctes. Certes, la culture du Khat remplace la culture du tef, mais les paysans peuvent le vendre et en tirer des revenus substantiels…. Sur le plan moral il est bien sûr discutable de remplacer une culture vivrière par la culture d’une plante psychotrope, mais les paysans sont-ils à blâmer?

Bien sûr il y a ces terres bradées pour la culture des roses ou des palmes…. mais les centrales hydroélectriques et les routes sont indispensables et il faut bien les payer.

J’ai vu moins de mendiants cette fois ci qu’au Bengladesh… Le chauffeur me disait ce soir que ce gouvernement améliorait la vie des gens. Peut-être enfin partie l’Ethiopie….

Palais de Facilides
Palais de Facilides

Gondar est la 3° capitale d’Ethiopie avant Addis Abeba. 300 000 hab.

Un haut lieu historique.

L’empereur Facilides y a construit son château au XV° siècle. Ses descendant ont continué. De vieilles pierres, mais des pierres solides. Patrimoine de l’Unesco.

Le château est immense et en assez bon état.

Gondar compte également parmi ses monuments, une église carrée, ce qui n’est pas habituel. Elle date du XVI°siècle. Sa forme doit faire penser à l’arche de Noé.

Prêtre contemplant les peintures sacrées
Croyant contemplant les peintures sacrées

Comme pour les autres églises, des peintures très « Ethiopiennes » ornent les murs et le plafond.

Les personnages ont tous des visages ronds avec des grands yeux ronds et des pupilles noires.

Nous découvrons que l’Union africaine construit un nouvel immeuble ici, alors que celui d’Addis est flambant neuf…. difficile à comprendre. Mes questions aux gens du coin n’ont pas trouvé de réponses à ce sujet.

 

 

 

 

Watching the river flow

L'île du monastère Entos Eyesu
L’île du monastère Entos Eyesu

Bahir Dar est la capitale de la région Amhara. Les amharas ont tenu le pouvoir depuis presque toujours en Ethiopie. Leur langue est l’Amharique devenu langue nationale, et ils sont presque tous chrétiens orthodoxes.

Nous prenons un vol intérieur tôt le matin pour aller dans cette ville de 20 000hab et située à 1800m d’altitude.

Bahar Dar  est bordé par le Lac Tana qui fait environ 70km de large et  80km de long. Ce lac comporte de nombreuses îles et sur beaucoup d’entre elles, des monastèrres orthodoxes. Nous en visitons deux.

petit_P1000411Ce sont des lieuxcalmes où les moines s’adonnent à la prière et à la lecture.

Les églises sont décorées de peintures religieuses qui permettent aux enfants et aux illettrés de comprendre la bible.

Peintures du monastère Zeghie Azwa Mariam
Peintures du monastère Zeghie Azwa Mariam

Elles sont plus souvent circulaires, et on peut donc les contourner en « observant » la bible. Une manière d’expliquer que tout est toujours un recommencement. L’alpha et l’omega…

Sur le lac, les pêcheurs utilisent de curieuses barques en papyrus, visiblement très stables. Ils pêchent avec des sortes de fils qui flottent et qui portent des hameçons. Le lac regorge de poissons…. des perches du Nil, des poissons-chats….

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Pêcheur sur le lac Tana

 

 

Notre Hôtel a environ 80 ans. Il me fait penser à Taitu à Addis Abeba, même si ce dernier est encore plus ancien. De la boiserie sculptée orne les plafonds et des peintures sacrées sont peintes sur les piliers. Cela donne un genre très antique.

 

Les chutes du Nil bleu
Les chutes du Nil bleu

Nous avions souhaité visiter les chutes du Nil bleu. Le Nil bleu prend sa naissance près de Bahir Dar et se jette dans le Nil blanc en Egypte.

Ses chutes sont fameuses. Assez d’eau pour faire une bonne douche 🙂

En saison de pluies, nombre de terres étaient inondées et des routes détruites avant la construction d’un barrage hydroélectrique de 75MW qui permet maintenant de réguler le débit. D’une hauteur d’environ 50m, elles sont impressionnantes et de toute beauté.

Jeune gardien de troupeau jouant de la flute
Jeune gardien de troupeau jouant de la flute

With god on our side

En 1979, Guy huhum’avait fait écouter « Babylon by bus » de Bob Marley. J’avais adoré ce disque… Je l’ai toujours.

Cet enregistrement live commencait par ces mots de Marley : « Ras Tafari ever living, ever faithfull, ever sure… ». Je ne comprenais pas, mais j’aimais le disque. Je ne savais pas qui était ce « Rasta Faraye » 🙂

Portail à Shashamene

Ras Tafari Mekonnen est le nom de bapteme d’Haile Selassie, le négus, roi des rois et dernier empereur d’Ethiopie. Le mouvement rastafarien qui repose sur les écrits de Marcus Garvey affirme qu’un roi noir descendant du dieu d’Israël viendrait délivrer les peuples noirs de la souffrance. La vie et l’action d’Hailé Sélassié leur laissait penser qu’il était ce roi, leur prophète.

Ce petit homme de 1m55 qui a tenu tête au grand Mussolini…. Et l’Ethiopie devait être la terre promise.

Haile Selassie ne s’est jamais revendiqué du rastafarisme, mais  il s’est rendu en Jamaïque où il a été adulé. Il a aussi « donné » la ville de Shashamene a une communauté rasta.

Lors de notre précédent voyage, nous avions traversé Shashamene. Nous nous souvenons encore de ce rasta qui a voulu nous vendre de l’herbe a un carrefour de la ville.

Statuette d'Hailé Selassié : Musée National
Statuette d’Hailé Selassié : Musée National

Hailé Sélassié a été renversé par le régime communiste de  Mengistu Haile Mariam en 1974. Assassiné en 1975.

En 1992 il est exhumé, et sa dépouille est déposée dans le Mausolée d’Addis Abeba aux cotés de celle de son oncle Menelik II.

Hailé Selassié est originaire de l’Amhara et tout le monde dans cette région le cite encore comme un homme bon qui a transformé l’Ethiopie..

Hier soir au bar de l’hôtel j’entendais des jeunes portant des dreadlocks citer Marley et entamant « Rastaman vibration ». Flashback 🙂

 

 

 

Beyond the horizon

Alpes suisses
Alpes suisses

Un voyage de jour en avion est toujours magique surtout quand il y a peu de nuages. On prend conscience de la beauté des choses… de combien on est petit…. de combien notre cerveau extrapole autant qu’il peut : entre les nuages, une mer de glace, une plaine enneigée, peu de différences.

Derrière cet horizon, il à l’Afrique…. vers où nous allons à nouveau.

Un passage sans problème à Istanbul qui, vue de haut, est une ville immense.

Mais notre objectif est l’Ethiopie… Du grec Aethiopia qui veut dire « Hommes au teint brûlé »… parait-il… Je connais une prof de grec 🙂 Certains d’entre vous aussi sûrement.

Arrivés à Addis Ababa de nuit…. 23h, heure française… 1h, heure Ethiopienne.

Mais il y a deux heures éthiopiennes 😛 : l’heure calée sur la nôtre, et l’heure traditionnelle qui fonctionne avec le soleil. A 6h, le soleil se lève, il est 0h du matin; à 18h, le soleil se couche, il est 0h de la nuit.

D’ailleurs tout marche à deux rythmes. Le calendrier Éthiopien est en retard de 8 ans sur le calendrier occidental. Nous sommes donc en 2006. Noël n’est pas le 25 décembre mais le 6 janvier (date occidentale). Le premier de l’an est le 11 Novembre. De quoi dérouter… De quoi sourire.

Notre vol s’est déroulé sans problèmes, si ce n’est que le chauffeur ne nous attendait pas dans le hall de l’Aéroport Bolé comme il y a 3 ans. Pas de téléphone pour joindre notre contact sur place, donc il ne reste qu’à attendre, prévoir des plans B, discuter avec les gens qui attendent également : des français, un allemand, des éthiopiens, on entend parler italien aussi.

Mais en Afrique tout s’arrange toujours. Notre chauffeur attendait patiemment au parking depuis 2 heures, car les règles de l’aéroport ont changé : les chauffeurs sont obligés, depuis une semaine, d’attendre plus loin.

Nuit courte donc, car nous ne sommes dans la guest house qu’à 3h du matin.

Il fait doux, 25°C. De quoi supporter un TShirt à manches longues..

vieille_ville
Un quartier de la « vieille ville »

 

Addis n’a pas trop changé… Un gros chantier. La vieille ville (le bidon ville plutôt) est peu à peu détruite pour laisser place à des immeubles en construction… certaines en construction depuis 3 ou 4 ans, nous avons pu le constater.

Le réseau routier se densifie… Les chinois construisent un chemin de fer de 10km en plein centre à coup de grands ponts quitte à déloger.

Notre chauffeur, Aragan, nous explique que les chinois ont envahi le pays… Plus d’un million (les Ethiopiens sont 82 millions) … Ils vivent chinois, consomment chinois, et dépensent chinois. Il nous raconte que les enfants ne crient plus Farenji (déformation de français pour désigner les blancs) mais Chaynèse (déformation de Chinese). Nous avions constaté ça à Brazzaville aussi.

Porteuse de bois
Porteuse de bois

Et puis nous nous promenons à Piazza avec une petite pensée pour ceux qui sont attachés à l’Italie (Claude, Bruno, Nella, Béa…) . Ce quartier fut construit par les italiens au début du XX° siècle. Quartier aux bâtiments assez typiques, aux boutiques accolées à un étage et toit plat.

Pour ce premier jour nous retournons également à Entoto à 3500 m d’altitude. Le roi Menelik II  y a fait construire un palais pour lui et son épouse Taïtu.

Nous sommes encore impressionnés en voyant les femmes au travail. D’Entoto (alt 3500m) elles descendent des charges de bois de plus de 50kg pour les vendre une vingtaines de Birr en périphérique d’Addis (5km plus bas à 2500m). Le prix d’un verre de bière ici. On aimerait les aider, porter à leur place, mais combien d’hommes y arriveraient?

Et d’Entoto, nous voyons Addis Abeba, capitale née en 1900 et qui se perd à l’horizon, hébergeant ses 5 millions d’habitants.

 

Addis Ababa vue d'Entoto
Addis Ababa vue d’Entoto

 

Early Roman Kings

Voila une autre légende qui est un des fondements de la nation Ethiopienne.

Salamon et la reine de Saba : Musée National Addis Abeba
Salamon et la reine de Saba : Musée National Addis Abeba

La reine de Saba, Makéda, est connue de tous comme ayant été une femme sublime qui régnait sur le Yemen et l’Ethiopie vers 1000 ans av JC (En 2008, des archéologues d’Hambourg auraient trouvé les vestiges du palais de Makéda dans le Nord de l’Ethiopie.).

Fascinée par la réputation du roi Salomon que lui ont rapporté les marchands, elle décida de rendre visite à ce roi de Jérusalem.

Le dernier soir de son séjour, Salomon lui proposa de dormir dans son palais. Makéda accepta à condition que Salomon ne tenta rien pour la ravir. En échange, elle s’engagea à ne rien prendre du palais.

Mais Salomon fit servir un repas épicé et salé sans boissons. Dans la nuit, la reine, assoiffée, alla boire d’une cruche située non loin de sa chambre mais surveillée discrètement par Salomon.

Vitrail d'Harar présentant MENELIK II
Vitrail d’Harar présentant MENELIK II

Le serment étant rompu, les voila donc amants pour une nuit.

Neuf mois et neuf jours plus tard, de retour en Ethiopie, elle donna naissance à un garçon qu’elle nomma Ménélik.

Ménélik retournera en Israêl pour recevoir l’instruction de son père et la couronne d’Ethiopie. Il sera le premier empereur Salomonien d’Ethiopie descendant direct de David.

A la fin du XIX° siècle, une autre Menelik, Menelik II, s’est rendu célèbre pour ses conquêtes qui ont tracé les contours de l’actuel territoire Ethiopien, mais surtout pas sa victoire contre les Italiens à Adoua. Victoire qui a mis fin à toutes velléités coloniales contre l’Ethiopie.

Le dernier empereur de la lignée des salomoniens sera Hailé Sélassié.

 

Christmas in the hearth

Que peut-on bien faire un soir de Noël à Addis Abeba ? Je sais que certain(e)s se posent la question… :-p

Injera et sauce
Injera et sauce

Noël n’est pas fêté ici le 24 au soir… ceux qui suivent auront compris.

On ne peut donc rien faire de particulier si ce n’est un bon repas arrosé et avoir des pensées pour vous tous dans nos coeurs.

Pour le plat : de l’Injera avec de la viande en sauce. Plat national, cette galette de tef est incontournable sur les tables Ethiopiennes.

Gouder
Gouder

 

Le vin : du Gouder produit localement. Une robe un peu brunâtre comme du massala. Un gout inqualifiable… qu’on préfère ne pas qualifier d’ailleurs. A remplacer par de la bière dans un futur Noël 🙂

Une salade de fruit avec des fruits exotiques cueillis le matin. Ça c’est un luxe que vous devriez nous envier.

Café
Café

 

Un café avec des grains broyés à la main et un doux parfum d’encens dans la pièce. Je suis sur que certains salivent (Véronique ?).

 

 

J’allais oublier qu’on peut admirer un sapin de Noël un peu kitch par ci et par là.

Never say Goodbye

Notre précédent voyage en Ethiopie nous avait enchanté… Une envie d’y revenir…

La vie des Surmas (ou Suris) en symbiose avec la nature. le seul pays africain à n’avoir pas été colonisé (malgré la tentative des italiens qui ont du renoncer à leurs prétentions coloniales après une sévère défaite à Adoua).

Femme suri
Femme à plateau Suri à Kibish

La diversité de ses populations, de ses nombreuses ethnies (les Surmas ne sont que 20 000 pour un pays qui compte 90 millions d’habitants; les mursis sont à peine 4000). Un pays duquel Homère parlait dans l’Illiade; des royaumes prestigieux comme celui d’Aksoum ou de Gondar.

Nous avions envie de revenir dans ce pays. Toujours guidé par Abel mais sans Werede cette fois-ci.

Nous connaissons tous des histoires et des légendes d’Ethiopie. A se demander si c’est le pays qui a fait les légendes ou si ce sont les légendes qui ont fait le pays.

Lucy : Musée d'Addis Abeba
Lucy : Musée d’Addis Abeba

J’avais 11 ans,  lorsqu’en novembre, la radio annonçait qu’on avait découvert notre ancêtre à tous, dans la vallée du rift en Ethiopie. Une femme de plus de 3 millions d’année. Les paléontologues l’avaient appelé Lucy, parait-il à cause de la chanson des Beatles « Lucy in the Sky with Diamonds » qui passait à la radio lors de la découverte des ossements.

D’après certains spécialistes des Beatles, cette chanson qui ne veut rien dire, mais qui a une forte inspiration Dylanienne, serait un clin d’oeil au LSD beaucoup consommé en 1967 lors de la sortie du « Sgt Peppers… ».

Lucy, que les Ethiopiens appellent Dinqnesh (« la merveilleuse ») a été trouvée entre la vallée de l’Awash et le désert de Danakil la région la plus chaude d’Ethiopie.

J’imagine aisément les ouvriers Ethiopiens, laborieux, travailler sur le chantier de fouille tout en mâchant le khat, moins cher que le LSD. Ces feuilles aux vertues euphorisantes sont beaucoup cultivées et consommées dans cette partie du monde.

Lucy est conservée au musée d’Addis Abeba mais nous n’avions pu voir que sa réplique lors de notre dernier voyage.

 

Enbycaster : Polissage

la phase de vernissage et de ponçage est terminée.

fin_vernis

 

 

 

 

Commence à présent la phase de polissage avec une pâte à polir et un disque de coton….

le disque est monté sur ma perceuse.

Le polissage permet d’obtenir une finition bien lisse.

Vient ensuite le lustrage avec la crème à lustrer de luthier et un chiffon sec…

Enbycaster : Tête

La dernière phase de vernis se termine :

  • 14 couches appliquées au pinceau puis au pistolet.
  • Ponçage au papier de verre de 600 puis de 1000.

Petit aperçu de la tête :

tete_enbycaster Incrustation d’un triangle de Wenge.

Dessins  d’un idéogramme très répandu en Afrique de l’Ouest et qui symbolise à la fois la force vitale et l’ouverture aux autres.

 

Enbycaster : vernis2

vernis1Après la 3ème couche de vernis au pinceau, on va pouvoir passer à l’application du vernis au pistolet.
le principe reste le même :

              • 4 couches de vernis espacées de 30mn
              • Séchage pendant 2 semaines
              • Poncage léger au grain de 600 et à l’eau
              • Polissage avec disque en coton et pate à polir….

Le vernis utilisé est de marque KTM acheté chez GuitarNBlues.

 

Parallèlement à cela, je travaille la tête du manche pour une faire une tête disposant d’une certaine unité avec le corps.

Incrustation de WENGE et tête selon le modèle d’une Fender USA.

 

 

 

 

 

Enbycaster : vernis

Pas de photos cette fois-ci.

Etape finale de ponçage avec du papier de 280.

Le Wenge est un bois assez poreux, l’application d’un bouche pores est indispensable.

Afin de pouvoir mettre à la masse le chevalet, il est nécessaire de percer un trou de passage pour un fil entre la poche d’emplacement du micro chevalet et le trou de perçage de la cheville du chevalet.  Pour le fil de mise à la masse,  j’utilise de la tresse de dessoudage qui est multibrins et très souple.

La tresse étant en place, il faut enfoncer les chevilles de fixation du chevalet. Opération délicate et difficile si le trou est un peu juste (ce qui est le cas).

Le vernis sera appliqué en plusieurs couches. ENtre chaque couche, un ponçage au papier de 400 puis de 600.

Un jour au moins de séchage entre chaque couche.

Application au pinceau pour les deux premières couches (attention de prendre un pinceau de bonne qualité.

 

Enbycaster : Electronique

Je souhaite disposer de deux sorties qui pourront être envoyées vers deux amplis différentes.

L’une des sorties serait plutôt rythmique l’autre plutôt Lead.

Trois positions de la sortie rythmique :

  • volume maximum
  • volume réglable
  • Mute

Pour la sortie Lead réglable en volume

  • micro chevalet
  • micro manche
  • les deux en parallèle

Voila la solution avec des potentiomètres de 250kΩ, deux toggle-switch et deux sorties jack tubulaires.

schema

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

On constate néanmoins que lorsque le commutateur LEAD (S2)  est en position milieu la sortie rythmique restitue le signal des deux micros.

 

 

 

Enbycaster : Galbe du corps

La première étape consiste à arrondir les bords avec une fraise adaptée.chanfreins

Dans un deuxième temps il s’agit de galber le corps avec un ponçage oblique sur l’avant au dessus du chevalet. Une ponceuse à lamelle est parfaitement adaptée à ce travail.

galbe1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et enfin le galbe arrière, réalisé en 2 étapes :galbe2

  1. usinage en escalier
  2. ponçage au disque à lamelles

galbe3

 

 

 

 

 

 

 

 

Un premier ponçage grossier pour affiner les fibres du bois.

La cure d’amaigrissement a emmené le corps à 2,6kg.

Probablement que son poids excèdera de 500g le poids de ma Strat US, mais elle est en frêne….

 

EnbyCaster : P90 – Chevalet – logement de l’électronique

Prépositionnement du chevalet

chevalet-p90Afin que le P90 soit bien dans l’axe du manche, je positionne dans un premier temps le chevalet et je simule le passage des cordes avec deux élastiques en guise de cordes MI.

La distance sillet – frette  de la 12° case doit être égale à la distance chevalet – frette de la 12° case pour que la guitare joue juste.

Le chevalet doit de plus être placé de sorte

Deux petits clous me permettent de positionner le chevalet. Les trous de ces clous me faciliteront le centrage pour percer les les chevilles de fixation du chevalet.

Usinage du logement du P90

p90Même méthode que tous les usinages. Un gabarit de P90, la défonceuse avec la fraise à copier et beaucoup de précautions. Je réalise une défonce de 25mm.

Afin de permettre le passage du câble du micro manche, je réalise un perçage avec une mèche longue, du manche jusqu’au P90.

trou_cable_firebird

 

 

 

 

 

 

Logement de l’électronique

EnbyCaster aura deux sorties jack, il faut donc modifier légèrement la forme du corps pour accepter dans sa partie basse deux prises jack.

Usinage du compartiment électrique

elecCet usinage se fait en deux temps car le couvercle noir du compartiment doit être noyé dans la masse du corps. Deux gabarits d’usinage sont donc nécessaire.

Pour finir, toujours avec la mèche longue perçage entre le logement électrique et le logement du micro chevalet pour pouvoir y insérer les câbles des micros.

Le couvercle est noyé dans le corps de la guitare.
Le couvercle est noyé dans le corps de la guitare.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le corps de la guitare pèse à présent 3,1kg…. Encore un peu beaucoup mais rien de surprenant au regard de la masse volumique du WENGE.

EnbyCaster : Usinages

Usinage de la poche du manche

Après l’usinage du corps, une opération plus délicate est l’usinage de la poche du manche. Délicate à cause de la précision nécessaire. Il faut éviter que la découpe soit trop large, il faut veiller à ce que le manche soit dans l’axe.

La règle d’or : NE PAS SE PRECIPITER.

Toujours la même méthode en ce qui me concerne :

Le gabarit, le corps et la défonceuse avec la fraise à copier.
Le gabarit, le corps et la défonceuse avec la fraise à copier.
  1. d’abord faire un gabarit d’usinage.
  2. Vérifier si le manche se place sans jeu et sans défaut d’angle…..
  3. Bien fixer avec des serres joints la gabarit sur le corps.
  4. Positionner le manche pour revérifier son angle par rapport au corps.
  5. Usiner par pas de 5 à 10mm.
  6. Dernier usinage de finition de 1 ou 2mm selon besoin.

Le résultat :

stratos_s

 

 

 

 

 

 

 

 

Deuxième étape de la journée : Usiner le logement du micro manche.

decoupe_micro_manche_sJ’utilise la gabarit précédent pour y placer le logement du micro. Vérifier que le micro sera bien centré par rapport au manche.

Puis le défonçage. C’est une opération moins délicate car le cache micro peut corriger quelques millimètres de décalage.

micro_firebird_s

Nouveau projet Guitare : EnbyCaster

bwds_wenge.jpg
Aspect du Wenge

Tout commence par un voyage dans mon magnifique pays d’adoption en Afrique en 2010.
La forêt équatoriale est majestueuse et ses arbres imposent le respect. Il m’a donc été possible de trouver une planche de WENGE d’une seule pièce 40cm*50cm*5cm…..

Après 4 ans de séchage dans ma cave…. je me décide à la transformer en guitare.

C’est assez inhabituel d’utiliser ce bois dur de forte densité (plus d’une tonne au mètre cube, le double de l’acajou) pour un corps de guitare électrique – pour une basse c’est plus courant – mais pourquoi pas?  C’est un bois sans noeuds et vibrant, assez proche dans ses caractéristiques sonores de l’érable donc pourquoi pas?

Par contre, pour que son poids soit supportable par mes frêles épaules, il est nécessaire de le tailler autant que possible.

Je suis fans des corps de stratocaster, donc allons-y pour un look strato.

La beauté du bois, ne peut qu’imposer une finition naturelle.

Quant aux micros, un set assez identique à celui de Neil Young :

Les deux en finition chrome

Pour le reste on verra…

La coupe du corps selon la méthode classique du gabarit, de la scie sauteuse puis de la  défonceuse avec la fraise à copier.

Corps en Wenge
Après le coupe de la planche

Première étape donc achevée :

 

 

 

 

 

 

 

 

Le nom de la guitare ? Just a Joke 🙂

Epilogue

Voici bientôt 2 mois déjà que nous sommes revenus de notre voyage au Bangladesh. 2 mois pour laisser décanter et digérer les émotions générées par nos multiples découvertes et rencontres. Mais que dire réellement des 3 semaines passées dans le pays adoptif de Mélody ?

 

Du mercredi 24 Juillet au mercredi 15 Août

DSCN1363miniAprès le plaisir des retrouvailles, les surprises des lendemains et les interrogations permanentes, nous avons tenté de nous fondre dans la société bengali, de nous initier à la culture et aux mœurs locales. Vaste programme et grande ambition : nous nous sommes contentés d’observer et d’admirer, de nous étonner et parfois de nous indigner, de comparer, de nous interroger……. Rien de ce que nous avons vu, entendu, senti, goûté ou touché ne nous laissera indifférents et nous avons été avides de découvertes, d’expériences nouvelles : tester, essayer, comprendre.

Pas facile de dire vraiment ce que nous avons aimé le plus, tant les images et les événements se sont bousculés simultanément, intensément. Nous avons été sans aucun doute émerveillés par la beauté des paysages mais aussi et surtout par la vitalité d’une population paysanne qui, chaque jour que Allah, Shiva, Bouda ou Dieu fait, part à l’assaut de ce vaste territoire. Un acharnement vital et naturel pour faire de ce delta oriental un magnifique panorama agraire. Une vitalité et un sens de l’action ou de la débrouille que l’on retrouve dans les centres urbains, sur des marchés animés et hauts en couleurs, dans les quartiers, les centres commerciaux. Plus difficile cependant de supporter ici, l’insalubrité ambiante et omni présente qui, notamment dans les grandes agglomérations, donne au pays une image de « grosse décharge à ciel ouvert » même si les campagnes semblent épargnées. Pas facile, en effet, avec une démographie galopante (plus de 160 millions d’hab. sur quelques 145000 km² dont les 2/3 inondés) et une densité parmi les plus fortes au monde, de faire face aux exigences de la vie en communauté. L’extrême concentration se double ici d’une extrême pauvreté dans un pays où le niveau de vie et d’éducation est officiellement parmi les plus bas au monde. Triste situation dont profitent royalement et cyniquement les puissants voisins de la sous région et du Moyen Orient, mais pas seulement. Le grand capital industriel et financier a flairé le filon, exploitant les opportunités d’une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci. En effet, avec une parité de 1€ pour 100Tk (Taka : la monnaie locale) et un « smic industriel » avoisinant les 1000Tk mensuels, on vous laisse préjuger du décalage de la situation qui, paradoxalement, fini par « faire aussi notre bonheur », nous touristes européens et privilégiés.

Nous avons disions nous, été émerveillés par la beauté des paysages et des espaces naturels mais pas seulement. Les visites et la découverte des vestiges et autres monuments historiques (temples, palais, lieux anciens ou contemporains) nous ont bien tenus en haleine et nous avons apprécié l’organisation générale du pays du point de vue des infrastructures et de l’aménagement du territoire par exemple :

–          Electrification à l’échelle nationale,

–          Accessibilité à l’eau même si elle n’est pas toujours potable,

–          Accessibilité par route, air, rail ou bateau de toutes les localités mêmes les plus reculées.

 

Le réseau de transport intra et inter urbain est bien développé et plutôt performant. En ville, le mode de transport idéal est incontestablement, l’incontournable CNG (Compress Natural Gas). Roi des embouteillages et de la dextérité, il n’a pas d’égal pour affronter le tohu-bohu du trafic quotidien.

Evoquons l’insalubrité permanente, la pauvreté endémique et ce qui semble être son corollaire : l’insécurité ambiante. Ce qui frappe principalement à Dhaka mais aussi dans toutes les grandes villes du pays, c’est l’omniprésence des gardiens à toutes les entrées des immeubles. La présence de policiers armés est visible ainsi que celle de milices privées chargées de sécuriser les quartiers. Le sentiment d’insécurité se renforce au vu du « barricadage » systématique et intégral des bâtiments et des appartements dont les « ouvertures » sont toutes munies de grilles de sécurité ainsi que les balcons. Une pratique architecturale et sécuritaire qui laisse dubitatif en cas d’urgence ou de nécessité d’évacuer. Au delà de cet aspect pratique, on peut néanmoins espérer (et encore) que cela permet d’offrir à tout un secteur économique, celui du bâtiment en nette progression, des marchés et des débouchés réels pour des entreprises locales et donc des ouvriers locaux…….. On réalise à peine et on comprend un peu mieux les enjeux cachés dans un pays où une classe moyenne et une jeunesse locale tentent d’exister entre l’extrême pauvreté d’une part et d’autre part, l’insolente richesse d’une bourgeoisie locale et/ou internationale, mercantile, industrielle, politique ou arriviste.

Une question fondamentale qui est aussi un défi à la société bengali toute entière, une société qui doit faire face aux réalités et aux contraintes de la mondialisation et celles, toutes aussi cruciales, des traditions, des encrages culturels sociaux et religieux.

Nous avons visité un pays fascinant, envoûtant, parfois inquiétant mais jamais menaçant. Un handicap et un grand regret cependant : celui de la barrière de la langue qui n’a pas toujours permis d’approfondir certains échanges, d’ouvrir d’autres perspectives, de prolonger des rencontres.

Enfin, nous voudrions remercier Melody pour son accueil et pour toute l’organisation de notre séjour. Merci à Anne qui a assuré la relève et qui a permis que notre fin de séjour se passe dans la plus grande sérénité. Merci à Sylvianne avec qui nous avons partagé les souvenirs de Rajshahi. Merci à Razzack et à son guide-chauffeur pour leur accueil et tout l’accompagnement dans nos pérégrinations locales. Merci aux amis de Melody et Anne (Anna, Thomas, Santiago, Plabon, Sami,…….) que nous avons croisés le temps d’un repas, d’une ballade et qui, de loin ou de près, nous ont accompagné dans notre aventure Bangladeshi. Merci à tous les inconnus et anonymes que nous avons croisés au gré des événements et qui nous ont spontanément aidés pour trouver un chemin, négocier un CNG ou un paiement, découvrir un lieu, se restaurer, se reposer……).

Merci enfin à Claude et Norbert de nous avoir entraîné dans cette aventure, dans cette découverte et au final dans ce beau voyage.

 

Gaby et Dany

Claude et Norbert

Going, going, gone

Ce titre d’une chanson de Bob DYLAN (comme presque tous les titres de ce blog sur notre voyage) pour introduire notre retour vers la France.

Malgré le Hartal de ce 13 Août notre voyage de retour vers la capitale s’est fait sans soucis.  Le train est parti à 7h20 précise et est arrivé vers 13h sans retard à Dhaka.

Dhaka où la pluie nous accueille…
Dhaka encore un peu calme du fait de l’Aïd et du Hartal…
Dhaka avec ses rues inondées dès qu’une grosse pluie s’abat…
Dhaka avec ses chauffeurs de CNG qui forcent l’admiration pour leur habileté et leur maîtrise de leur véhicule. Enorme contraste entre leur conduite et celle de leurs collègues de Rajshahi.

2013-08-13_1petitNotre voyage touche donc à sa fin… Dernières courses… Dernière soirée en compagnie d’Anne et de Sylvia. Dernier repas Bengladeshi.

Notre avion décolle à 14h ce qui nous oblige à aller à l’aéroport le matin vers 10h. Là encore il faut qu’on prenne une marge de sécurité à cause de l’hartal.

Notre avion arrive à Riyad à 16h45 (soit 14h45 à Paris). A nouveau 8h d’attente pour décoller de Riyad à 00h30 (22h30 à Paris). On arrive à 5h45 àà Roissy.

 

 

2013-08-13_2petit

Nous retrouverons Melody chez nous… C’est grâce à elle que nous avons découvert ce petit pays tellement méconnu.
Nous aurons beaucoup à raconter… Peut-être surtout à digérer ces 3 semaines. Réfléchir aux contrastes avec l’Afrique.
Ces populations différentes, cette culture différente…
Des problématiques de survie quelque peu différentes, mais les mêmes sourires, le même courage.

Les mêmes attitudes qui forcent le respect……….

My sweet Lord

Avant tout…

Bon anniversaire Thérèse.
Plein de bisous de nous tous. On fêtera ça dans deux jours à Paris.

Tout le monde connaît sûrement cette chanson de Georges Harrison dans laquelle il chante Hare Krishna. Cette chanson me trottait dans la tête toute la journée du fait de la visite de multiples temples Hindous de Puthia.

GEDSC DIGITAL CAMERADès notre arrivée, une foule immense pour fêter Bombom, Autre nom donné à Shiva. Nous avons une chance inouïe de voir tous ces hindous rendre hommage en faisant des offrande de lait de coco à cette déesse.  La fête n’a lieu que deux fois dans l’année. Le lait de coco permet également de nourrir les serpents, parait-il, et en particulier un gros cobra qui demeurerait ici. On ne l’a pas rencontré.
La foule tourne en sens antihoraire autour de la tour du temple en tenant sur la tête un pot ou une bouteille contenant le lait. Ils crient à tue-tête BOMBOM BOMBOM. C’est un spectacle très émouvant que de voir la ferveur de ces gens.

Puthia est une petite commune qui regroupe 9 temples différents en plus du palais construit au XVI° siècle du Raja de Puthia, Bhatsacharya .

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Toute la matinée nous passons de temples en temples, les uns plus majestueux que les autres, pour Shiva, pour Krishna. Nous nous amusons de notre guide local qui, son sifflet en bouche, à des allures de chef de gare. Ses coups de sifflet ont pour objectif de nous ouvrir la voie dans la foule, mais aussi de nous interpeller si nous ne suivons pas ses commentaires ou déplacements. Malgré son air sévère et protocolaire, il est extrêmement sympathique et délicat.

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Les fidèles sont tous habillés de très beaux vêtements de couleur. Sur leurs fronts des marques rouges ou blanches comme le font les hindous.

 

 

 

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Dans l’après-midi nous visitons une fabrique de fil de soie. Technique connue qui consiste à élever des vers à soie et à extraire le précieux fil des cocons.

Pour finir notre journée à Rajshahi, nous descendons au bord du Gange pour voir le soleil se coucher. C’est toujours un spectacle magnifique que de voir le soleil disparaître derrière cette masse d’eau que constitue un grand fleuve… Le Sénégal, le Congo, le Mississipi et maintenant le Gange… A chaque fois je ressens un certain apaisement, un calme intérieur…

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Une ambiance romantique qui donne envie de sourire et de rêver.

Nous pensons à la fin de notre séjour… A toutes ces découvertes faites au Bangladesh. A toutes ces richesses humaines et de vie. A toutes ces difficultés…

On pense à tout ceux qui nous manquent.. A tout ceux qu’on aime et que nous retrouverons dans quelques jours. A tous ces amis dont on n’a plus de nouvelles et pour lesquels on s’inquiète…

 

Elle dit tout ça aussi la chanson de Harrison….

With God on our side

GEDSC DIGITAL CAMERANous avons été aujourd’hui dans une briqueterie. Elles ne sont pas en fonctionnement en saison des pluies car beaucoup d’entre elles sont en zone inondable. Néanmoins nous avons pu étudier un peu leur fonctionnement. Des fosses situées tout autour de la cheminée contiennent les briques à cuire. Lorsque les briques sont placées, elles sont recouvertes de terre pour fermer le four. Le combustible est mis dans le four par des orifices se trouvant sur la partie supérieure. Les fumées s’échappent par des conduites forcées vers la grande cheminée. Toutes les manipulations sont manuelles. Autour de Dhaka il y a près de 900 installations de ce type. Plusieurs milliers dasn le pays.

Nous avons visité 3 vestiges du passé se situant assez loin de Rajshahi.
Le premier, Paharpur, est une vieille université Bouddhiste datant du 8° siècle. A cette époque elle accueillait 1000 moines. Mais l’hindouisme puis l’islam en sont venus à bout.

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Le deuxième vestige n’était qu’une ruine de l’ère Hindouiste : Mahasthan Garh… Plus grand chose à voir.

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Pour finir, la visite d’un palais Hindous magnifique : Boro Torof. Sûrement de la même période que ceux vus il y a 4 jours.

 

 

 

 

 

 

 

Le plus étonnant est l’attitude des Bangladeshi… Ils étaient sur des vestiges de leur pays, et ils nous ont photographiés sans relâche sur les 3 sites. Des paparazzis en puissance. Au début c’est drôle, à la fin ça devient pénible.

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Bises à tous

On the road again

Nous voila donc à Rajshahi avec Anne et Sylvia. Anne est une grande amie de Mélody et Sylvia est une amie d »Anne. Toutes deux sont Suisses et travaillent pour des ONG de leur pays. La première sur la problématique du traitement des déchets ménagers à Dhaka, et la deuxième sur le traitement de l’eau au Bangladesh. Nos discussions avec elles sont vraiment intéressantes.
GEDSC DIGITAL CAMERAPour arriver jusqu’à Rajshahi, nous survolons une nouvelle fois le Bangladesh, mais du centre au Nord cette fois ci. Je suis a nouveau impressionné combien ce pays est envahi par l’eau. 10% du territoire est situé en dessous du niveau de la mer et l’altitude moyenne n’est que de 10m… Partout des rizières et des zones inondées. Les maisons sont construites aux abords des rivières, des étangs… L’eau omniprésente. Toujours….

Elément naturel vital, mais élément mortel parfois avec les nombreux noyés chaque année lors de la montée des eaux.
Un autre aspect qui nous étonne dans ce pays depuis le début est la bonne couverture du réseau routier et l’état des routes. Les routes principales que nous avons utilisé, sont toutes revêtues d’un bitume en très bon état et même les routes secondaires, ou les routes de quartier sont bitumées. Peu de nids de poules. Dans Dhaka, de nombreux ponts se construisent pour essayer de rendre le trafic plus fluide avec des (auto)routes aériennes. A Banderban, nous avons vu les militaires réparer les routes abîmées… A Dhaka les trous dans les chaussées sont réparées la nuit…

Dans les petits villages, là où le bitume n’est pas arrivé, là où cela coûte trop cher, les rues sont pavées de briques rouges en terre cuite fabriquées localement.GEDSC DIGITAL CAMERA
Nous avons vu de nombreuses briquetteries entre Chittagong et Banderban, entre Banderban et Cox Bazaar… Aujourd’hui encore, nous en avons survolé beaucoup à Saidpur et à Rajshahi. Dans tout le pays on voit des empilements de ces briques qui servent à la construction et aux routes. Une industrie surement ancienne, des méthodes de fabrication surement peu optimisées mais qui ont fait leurs preuves et qui permettent de garder un réseau de transport correct.
Comme il n’y a pas de galets au Bangladesh, ces mêmes briques sont broyées pour faire du béton concassé?

Rajshahi est une ville calme… On y est arrivé tard, mais à première vue pas de grandes agitations.

Le propriétaire de l’hôtel nous a garanti qu’il n’y aura pas de problème avec le train et l’hartal. Nous restons donc sur l’idée de prendre le train le 13 au matin.

Tout devrait bien se passer Inch Allah comme on dit ici.

 

Seven days

Eh oui… Dans 7 jours nous serons à nouveau chez nous…

Nous sentons tout doucement notre séjour arriver à son terme. Le besoin  de ralentir le rythme.
Aujourd’hui, nous avons décidé de moins marcher, de sortir moins longtemps… de nous reposer et de lire… Histoire de récupérer de la fatigue accumulée les 15 derniers jours.

A moins que notre besoin de repos s’explique par le fait que c’est la fête de l’Aïd (Eid en Anglais)…

Le ramadan est terminé… Terminé aussi – peut-être – les bruits nocturnes, les chants et rires des voisins qui a 3h du matin mangent et font des réserves alimentaires pour la longue journée à venir. On sera peut-être moins réveillés la nuit, même si, le chant du muezzin à toujours un caractère un peu étonnant.

GEDSC DIGITAL CAMERADhaka est incroyablement calme aujourd’hui. Une quiétude presque inquiétante au regard de ce que nous avons vécu comme tumulte jusque là dans cette ville.
Dans les rues, les passants sont endimanchés. Nouveaux saris, nouvelles tuniques encore brillantes par la cire pour les hommes. Nos petits amis de la rue aussi sont tous beaux.
Les rickshaw semblent désolés… ils n’ont pas de travail car il n’y a presque personne dans les rues… ils nous interpellent encore plus que d’habitude.
Les commerces sont fermés et sur le Gulshan Circle 2, gros rond point à 500m du logement de Mélody, il n’y a quasiment pas de voiture.
Mélody tu aurais du mal à le croire….
Tout le monde reste en famille et mange la nourriture préparée les derniers jours.

Nous partons demain pour Rajshahi.
Il y a toujours une grosse incertitude quant à notre retour. Les choses se préciseront surement demain lorsque nous serons sur place.

Suite au prochain épisode…..

 

Dirt road blues

Sonargaon était l’ancienne capitale du Bangladesh jusqu’au XVII° siècle. Située à 25km au sud-est de Dhaka, nous décidons d’aller visiter, sur les conseils de Mélody et d’Anne, cette ville dans la journée.
« Lonely Planet », notre guide, explique qu’il faut se rendre à la gare routière de Sayedabad pour y prendre un bus qui coûterait 35 takas (35cts).

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Arrivés à cette gare, tout est en travaux et la route est envahie par la boue… La rue est noire de monde, car pour la fête de l’Aïd, les habitants de Dhaka quittent la ville pour fêter en famille et à la campagne. Nous allons de bureau de ventes en bureau de ventes pour trouver l’endroit où on pourrait acheter nos billets, mais rien à faire. Visiblement les billets de bus pour Sonargaon ne se prennent plus là. Il est de plus difficile de trouver quelqu’un qui parle l’anglais. Même notre prononciation du nom de la ville pose problème, car certains comprennent qu’on souhaite aller à Chittagong…
Finalement, nous rencontrons un jeune homme qui parle bien l’anglais et qui essaye de nous aider. Il nous sert de traducteur auprès d’un homme qui, nous l’avons compris plus tard, est un propriétaire de CNG.
Ce dernier nous appelle donc un de ses chauffeurs pour nous conduire vers notre objectif pour 3500 takas, aller et retour. L’Aïd a généré un peu d’inflation…

Nous partons ainsi pour une ballade de quelques heures avec un chauffeur, dont nous ne savons absolument pas s’il sait où il doit nous emmener et ce qu’on lui paye.

Personnage sympathique aux dents abîmées et à la langue rougie par le masticage des feuilles de bétel.  Son CNG n’est pas des plus récent… Le bouton du klaxon est défectueux, il actionne donc l’avertisseur sonore en mettant en contact un fil dénudé et le guidon du véhicule qui fait masse.

Il ne connait visiblement pas Sonargaon, mais, de questions en questions posées aux passants, nous arrivons à visiter les lieux recommandés par le guide.
GEDSC DIGITAL CAMERAEn particulier,  les ruines de Painam Nagar.
Il s’agit d’une rue dans l’ancienne capitale qui regroupe des habitations datant des années 1900 construites par de riches commerçants Indous. Les maisons sont ornées de sculptures, de colonnades, mais sont malheureusement abandonnées… La nature à repris ses droits sur la pierre.

La mosquée également présente beaucoup d’intérêt car c’est l’une des plus ancienne du Bangladesh.

Sur un pré, un boucher découpe une vache en morceau. La fête de l’Aïd aura été meurtrière pour les animaux.

 

De retour à Dhaka, nous retournons dans la vieille ville.

Notre chauffeur décide de prendre des raccourcis qui passent inévitablement par des chemins boueux. Les odeurs nous provoquent parfois des hauts-le-coeur. Des odeurs auxquelles nous ne sommes pas habitués,.. qui vous prennent à la gorge… Nous passons à coté d’un bidonville.

Le CNG patine dans un amas de boue… Il faut sortir, le pousser….

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Ca fait rire tout le monde dans la rue.  Mes sandalettes sont pleines de boue maintenant et mes orteils sont noirs de saleté.

 

Old Dhaka tout comme Dhaka s’est dépeuplé en raison de l »Aïd. Il est agréable de s’y promener… Une autre atmosphère comparé à l’ambiance d’il y a une semaine.
On remarque des façades que nous n’avions pas vu la première fois.  Des sculptures, des maisons présentant beaucoup de charme si elles étaient restaurées et mises en valeur.

On devine que de riches industriels, colons ou commerçants ont vécu là… Sont partis avec l’indépendance de l’Inde peut-être ou lors de la séparation de l’Indo-Pakistan ou à la guerre de 71. Ou simplement ont-ils fait faillite.

Parfois les façades sont cachées derrière d’horribles murs sales et très ordinaires. Parfois,  une boutique dans laquelle sont vendus des bananes, du riz ou autre chose a été construite juste devant.

Il y a ici un vrai patrimoine qui se perd par faute de moyen.

 

Le Hartal a été décalé au 13 et 14 août. Ça ne nous arrange pas vraiment, car nous somme sensé quitter Rahjahi en train le 13 et le Bangladesh le 14.  Pour l’instant nous avons eu beaucoup de chance pour ce voyage. Il n’y a pas de raison que ça ne se poursuive pas.

Et puis, on a un anniversaire à fêter le 18 août .

Bises à tous

In the garden… again

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Et voila nos petits amis du quartier qui nous font la fête depuis que Mélody est partie. « Hey bandou »
Ils s’amusent par le fait que nous les fassions monter lorsqu’ils s’accrochent à nos bras.

Il pleut un peu… Le temps est menaçant.

Nous décidons de nous promener aujourd’hui au jardin botanique de Dhaka.
Le jardin côtoie le zoo que nous préférons ne pas visiter, mais nous entendons, au loin, le cri des singes et des lions.
Le parc est relativement grand et est bordé par quelques étangs. Il n’est pas très bien entretenu… rien à voir avec le parc de Wesserlin pour ceux qui connaissent, mais nous avons néanmoins croisé plusieurs employés qui désherbaient, plantaient, tondaient, etc….

 

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Je n’y connais pas grand chose en botanique… ce n’est pas un secret… j’arrive à distinguer les roses des tournesols, et les tulipes des coquelicots… Pareil pour les arbres : je reconnais un bananier d’un chêne et c’est presque tout.
Donc, il y a dans ce parc, de « belles » fleurs et de « beaux » arbres….
La notion de beauté étant toute subjective, n’est-ce pas!
On y trouve aussi des bosquets de bambous dont les tiges avoisinent les 10cm de diamètre… Impossible de les déterrer ceux-là. Pas besoin de serre, pas besoin d’irrigation.

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Des couples d’amoureux se promènent ou sont assis sur les bancs. Il ne se touchent pas, ne se regardent presque pas, surement se parlent-ils. Comme nous l’expliquait Melody, avant le mariage, les jeunes couples ne font guère que de se promener et de se parler pour apprendre à se connaître. Les relations sont très distantes.

Des familles se promènent comme nous.
Ils nous prennent en photo…
Les Bengladeshi adorent nous prendre en photo. Deux femmes blanches qui accompagnent un homme noir habillé à l’occidentale mais qui ne doit pas être Bengladeshi et un homme blanc habillé à l’africaine mais qui ne doit pas être africain… Une curiosité…
« Where do you come from ? » nous disent-ils à chaque fois. « From France », et ils rajoutent souvent, étonnés « Oh France ! But, all of you? ». Ya Gaby les intrigue toujours autant.

Nous avons rencontré très peu d’africains ici pour ne pas dire aucun. Rien d’étonnant donc.

 

Where Teardrops Fall

Il y a un sujet qu’on n’a pas encore abordé jusque là, c’est la mendicité. Nous sommes tous les quatre persuadés que de donner à chaque coin de rue, ne changera rien, tout au contraire, mais c’est pour nous à chaque fois une épreuve que de devoir affronter les regards et de dire NON. Parfois on donne, mais cela ne fait qu’augmenter la demande… ça ne fait qu’augmenter les espoirs déçus de tous ceux qui attendent.
Les artères principales sont envahies par les mendiants en raison des embouteillages nombreux qui obligent les automobiliste à s’arrêter. Pour les nécessiteux, des donneurs potentiels.
Plus que dans les pays africains, plus qu’en Ethiopie qui à la réputation d’être très pauvre, on trouve ici des enfants qui dorment sur des cartons au bord de la route, des hommes ou des femmes estropiés, sans bras ou sans jambes, parfois les deux, aveugles, défigurées…
On ne s’y habitue pas… on en rêve la nuit parfois…

Et ces enfants qui nous poursuivent dans la rue en criant « bandou (ami)…. taka ».  Ils sont mignons comme tout, et on ne peut rien faire de durable.
Tous ces gens ne seraient-ils pas mieux dans leur villages à cultiver?
Mais le problème agraire est un autre problème ici ?
Et ils seraient une charge de plus pour la famille…

Le Bangladesh est un pays musulman et pour les fêtes de l’Aid, mais aussi pour d’autres occasions, ceux qui suivent le Coran doivent venir en aide aux plus nécessiteux. Nous voyons ces mendiants avec des billets de 10 takas (10 centimes d’euros)…. Pourquoi lui, pourquoi pas l’autre ?
Je repense souvent à cette phrase de Jean ZIEGLER : « L’autre est moi, et moi je suis l’autre ». Nous avons la chance d’être né du bon coté… et malgré cela nous nous plaignons…
On aimerait plus : un nouveau smartphone, boire une bonne bouteille, avoir une autre guitare, une voiture plus confortable…
Le problème est tellement complexe.. Avant d’aller pour la première fois en Afrique en 1984, je pensais que l’aide au développement par le biais des organismes internationaux ou des ONG serait la solution… et j’ai déchanté… le problème est bien politique et au niveau mondial, pas local.
Bien sûr toute aide est bonne à prendre, et les ONG font un travail incroyable et formidable. Nous discutions avec Lisa, une amie d’Anne qui travaille dans un bidon ville de Banani. Son organisme permet une formation rapide  à un métier (électricien, charpentier, mécanicien, réparateur de téléphone, etc…) aux jeunes des bidon-villes par une forme d’apprentissage. C’est remarquable et ne peut être que positif pour tous ceux qui peuvent en profiter. C’est juste que l’échelle est minime… cela ne peut être qu’une expérimentation.

C’est un débat long et compliqué pour lequel il n’y a pas qu’une seule réponse.
Nous sommes contents Claude et moi d’être ici avec Dany et Ya Gaby pour pouvoir en parler ensemble, partager, espérer, refaire le monde.

GEDSC DIGITAL CAMERAPour parler d’un sujet plus léger… Ces dames (Dany, Anne et Claude) se sont fait faire des dessins au Hénné cet après midi. Tradition dont Thérèse pourrait nous parler longuement  car c’est aussi en lien avec sa thèse.
C’est simplement magnifique.
De la dentelle sur le corps.

De nombreuses femmes musulmanes se font faire ces dessins, sur les mains, sur les pieds en prévision de la fin du ramadan et de la fête du mouton qui aura lieu le 8, 9 ou 10 août.

La main blanche est la main d’Anne. Ses deux paumes sont recouvertes d’Hénné ce soir. Claude et Dany se sont fait peindre des dessins sur les chevilles.

Et voilà le résultat :

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Anne
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Claude
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Dany

 

 

 

 

 

 

Slt les blogueurs, chers amis.

GEDSC DIGITAL CAMERAMerci de votre fidélité et de nous suivre dans nos pérégrinations orientales. Aujourd’hui, changement de chroniqueur et nous espérons que la tonalité de message ne s’en trouvera pas altéré.Nous voici donc à plus de la moité de notre voyage au Bangladesh et Norbert vous a conter au jour le jour les péripéties de notre séjour.  Après le Nord Est et le Sud du pays, nous voici donc de retour à Dhaka où nous allons demeurer une semaine avant de nous envoler vers le Nord Ouest si tout va bien. Notre programme en perspective: écumer les environs de la capitale et nous y immerger autant que faire se peut. Il y a tant à voir et à faire. De ce que nous avons fait et vu, nous avons un regard mitigé. Dhaka, capitale tentaculaire  et cosmopolite, compte entre 15 et 3O millions d’hab. L’incertitude du nombre donne une indication de l’improbabilité des situations et de l’approximation au quotidien. Les conditions de vie, la pauvreté ambiante laisse assez perplexe et on se demande bien comment le pays, classé dernier sur l’échelle des PVD, peut s’en sortir. En dépit de tout, on sent bien le dynamisme de la population, entre débrouilles et projets d’avenir, mais ici comme partout ailleurs, le développement est un cheminement bien plus long et bien plus complexe. Nous vous disons à bientôt pour d’autres échanges et autres partages.

Man on the street

Journée calme… Journée courses et shoping.
J’ai fait réparé mon téléphone dans une boutique de téléphone. En 2 heures l’affaire était réglée.

Nous somes allés également au commissariat de police pour signaler le vol de l’appareil photo. Un commissariat de police comme ceux qu’on a connu enAfrique. Un nombre important de policiers, des allés et venus, des policiers qui lisent le journal et des usagers qui attendent. L’inspecteur qui nous a reçu est d’une gentillesse comme tous les bangladeshi que nous avons croisé ici… Serviable et soucieux de nous aider. Adorable…

 
Melody est partie. Nous voila tous seuls pour organiser nos journées.
Mais Anne, la grande copine de Mélody, super gentille, sera là aussi toujours prête à rendre service.
Le hartal n’a pas été annulé jusque là, mais nous maintenons notre voyage. Les risques de problèmes seront très minimes.

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J’aime beaucoup cette photo prise cet après midi, lorsque nous étions dans les bouchons au retour de l’aéroport.

Le bus était à l’arrêt devant cette affiche.

Comme si les voyageurs essayaient de s’échapper… Comme si la seule issue pour eux serait de passer le mur. Est-ce pour quitter l’embouteillage, ou la situation difficile dans laquelle vit la majorité de la population ?

 

 

Et ces mots « Life impossible »… Ca peut vouloir dire plein de choses :

  • Impossible de s’en sortir
  • Impossible de vivre là
  • Mission impossible

Les personnages de l’affiche semblent faire un gros effort sans atteindre leur objectif .  Comme tous ces habitants, comme tout ce pays.

Et ces voyageurs qui, impassibles, patients, attendent que la circulation soit plus fluide afin que le bus puisse avancer pour les ramener chez eux, chez ceux qu’ils aiment. Ils rêvent peut-être d’un pays où il n’y a pas de problème de transport.. Pas de problèmes du tout.

Cette photo a quelque chose de terrifiant si on l’analyse dans le contexte du pays.

Je ne comprends pas le message de la compagnie de téléphone AIRTEL. Peut-être avez vous une autre interprétation.

 

 

Highway 61

GEDSC DIGITAL CAMERAIl est difficile de raconter la circulation à Dakha. Nous avons roulé au Congo, ce n’était pas évident mais faisable avec un peu d’adaptation. Nous avons connu la circulation dans d’autres pays d’Afrique, mais Dakha n’a rien à voir. Tout se fait au feeling et au culot; Dès qu’une petite place se libère on s’y engouffre quitte à rouler à contre-sens.

Il y a des feux rouges qui fonctionnent mais personne ne les respecte. Seuls les policiers, à certains carrefours, réglementent quelque peu la circulation.
Celle-ci est très dense et les embouteillages permanents… Pire, bien pire qu’à Pointe Noire. Il nous a fallu presque 2 heures aujourd’hui pour aller de Banani (notre quartier) à New Market qui se trouve à environ 10km. Impensable de faire ça tous les jours A/R pour aller au travail, et pourtant…

La nuisance sonore est infernale. Tout le monde klaxonne pour signaler à l’autre qu’il existe, qu’il arrive, qu’il dépasse, etc…

Les CNJ possèdent des grilles pour protéger les usagers des voleurs, des mendiants ou des agressions. Dans la circulation, il serait en effet  impossible de rattraper un voleur à la sauvette qui serait à pied ou en moto. Dans les autres villes, nous n’avons pas vu des CNJ comme ceux-là. Des pic Pocket il y en a…

On peut se poser la question de savoir quel est le remède à ce problème de circulation? Peut-être un tram qui circulerait du Nord au sud de la ville… Des nouveaux ponts sont en construction, mais pour les voitures. Il ne serait pas inconcevable d’y placer des rails… Le train semble bien fonctionner pourquoi pas un tram. Dans la circulation, nombre de voitures ne circulent qu’avec un passager, là aussi il faudrait éduquer, mais le problème n’est pas très différent chez nous.

Tout à fait autre chose : Nous venons d’apprendre ce soir qu’un appel pour un hartal a été lancé par le parti islamiste pour le 12 aout. S’il est confirmé, nous ne pourrons pas aller dans le Nord , à Rajshahi, car notre retour à temps pour prendre l’avion serait compromis.
Les hartals sont ces grèves générales que lance le parti islamiste pour pousser ses partisans à manifester leurs mécontentements. Parfois ça se termine violemment et bien sûr tout est bloqué dans les villes.
On en saura plus demain.

Beyond the horizon

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Nous survolons à nouveau le sud du Bangladesh pour nous rendre de Cox’s Bazar à Dhaka.
Au sol, nous voyons tous ces cours d’eau qui vu d’en haut ressemblent à des serpents, tous ces cours d’eau, ces lacs et étangs, toutes ces zones innondées… Certaines maisons sont construites au bord de l’eau. Etonnant que les fondations tiennent.
De retour à Dhaka, nous nous installons, Claude et moi, dans la chambre de Santiago le colocataire de Mélody. Gaby et Dany restent à l’hôtel.

Il fait très chaud à Dhaka, mais une pluie nous accueille, ce qui rafraîchi l’atmosphère.
Le tumulte de Dhaka contraste vraiment avec le calme des Hilltracts.
A l’hôtel, en cherchant nos bagages qui étaient restés en dépôt, le réceptionniste nous dit que le climat change au Bangladesh. Il y a 30 ans, ils avaient 6 saisons. Maintenant ils n’en ont plus qu’une. La température allait de 0°C à 30°C, maintenant elle avoisine en permanence les 30° parfois les 40°, et il n’y a plus de vraie pluie.
Les eaux montent… Dans les régions du sud, la nappe contient déjà du sel et les cultures ne donnent plus assez de récolte. Et en 2025 Dhaka comptera 30 millions d’habitants d’après les estimations des démographes…..

Derrière l’horizon, le ciel est sombre.


Too much or nothing……..