California dreaming

« All the leaves are brown, and the sky is grey »

La Californie est connue pour ses Séquoias immenses. Le parc Muir ne va pas démentir cette réputation.

A quelques 40 km seulement de San Francisco, d’immenses séquoias de plus de 200 ans contrastent terriblement avec le paysage désertique d’il y a quelques jours.

Les couleurs automnales sont magnifiques, et la lumière qui filtre à travers les feuilles de ces géants apporte une ambiance un peu magique.

Le parc est très bien organisé pour que l’écosystème ne soit pas perturbé par la présence des promeneurs.

Pour terminer notre séjour, nous passons une petite soirée de départ chez Dave, un designer qui enseigne dans deux universités de San Francisco. Un personnage tout à fait dans la tendance de San Francisco qui vit dans un intérieur très cosi avec des sièges Starck et des décorations murales design.

Le repas est végétarien ; une autre particularité de cette ville. De nombreux végétariens et vegans ont fait le choix de s’installer ici. C’est aussi un peu la continuité de l’esprit des hippies des années 70.

Dave nous apprends que 80% de ses étudiants sont chinois. Les études dans les Universités américaines sont devenues trop chères. Sans les étudiants chinois ses classes auraient sûrement fermé.

C’est aussi une réalité de la Californie et de San Francisco. Une maison assez ordinaire se vend à 1 million de dollars,  le loyer d’un 40m² se loue autour de 3000$. Lui même occupe trois emplois pour arriver à supporter le coût de la vie.

Dimanche 5 novembre nous prenons l’avion au moment où dans le Texas un individu armé tue 26 personnes et en blesse 20 autres à la sortie d’une église.

Le ciel s’assombrit brutalement. Le président Trump reprend le slogan des pro-armes en expliquant que c’est parce que les armes sont autorisées que ce forcené a été maîtrisé. Le 2° amendement a encore de beau jour devant lui, mais en californie un souffle de légèreté est encore perceptible ; avant de rentrer dans l’avion nous apercevons une dernière fois cette affiche « San Francisco Summer of Love ».

Monterey

Monterey est situé dans la région où Zorro viendra en aide aux opprimés dans la série télévisée de Wald Disney.

Monterey est également connu pour son festival de musique pop en 1967, où Jimi Hendrix se fera remarquer par sa maîtrise de la guitare et ses effets scéniques. C’est en particulier à Monterey qu’il mettra le feu à sa stratocaster sur la chanson Wild thing.

Monterey est loin de ces images d’enfance. C’est une ville bien bourgeoise, loin des hippies et des justiciers venant au secours des plus démunis. Beaucoup de homeless sont assis sur les trottoirs des rues qui longent de magnifiques villas.

Les places sont très belles mais nous garderons surtout le souvenir de ces baleines observées dans la baie.

Old man

Quand j’ai découvert pour la première fois les microprocesseurs, j’étais loin de me douter qu’un jour j’irai dans la Silicon Valley.

L’histoire de cette région, à 60 km au sud de San Francisco, est singulière. L’essor de la vallée du Silicium est du à un industriel Californien qui a fait fortune grâce au train qui relie l’atlantique au pacifique. Ayant perdu un fils en Europe, Leland Stanford a souhaité mettre sa fortune au service des jeunes et il a permis la création de l’université Stanford en 1891. Université qui s’est particulièrement distinguée dans l’électronique. Hewlett et Pacquard ont étudié là-bas et ont, par la suite, créé leur société célèbre à Palo Alto. D’autres étudiants ont créé Texas Instrument, AMD. Bill Gates et Steve Jobs ont été à Stanford et ont créé leurs sociétés non loin.

Aujourd’hui, San José est plus grand que San Francisco mais c’est une ville avec peu d’histoire, peu d’âme.

Nous visitons donc ces géants de la technologie du numérique Apple, Intel, puis Google.

Comme à son habitude, Apple est fermé. Pas de visite, pas même la possibilité d’accéder à la cafétéria. Tout juste au store qui ne diffère pas d’un Apple store de France.

Google, comme à son habitude aussi, est immense. Une ville dans la ville. On peut se promener entre les bâtiments, mais on ne rentre pas. Les employés disposent de bicyclettes aux couleurs de Google pour se déplacer dans le Googleplex.

Intel par contre, vaut le détour. Un musée gratuit présente leur histoire des semi-conducteurs. C’est didactique et des enfants peuvent venir y apprendre les rudiments de l’électronique avec des animateurs formés pour cela.

 

Neil Young a acheté son ranch dans ce coin. La chanson « Old man » évoque le propriétaire initial. Nous nous rendons au Buck’s restaurant à Moutain View où Neil Young a semble-t-il l’habitude d’aller.

Pas de chance pour nous, pas l’ombre du Loner, mais le restaurant vaut le détour à tous points de vue. Des objets hétéroclites se côtoient dans ce musée vivant.

De Montain View à Monterey le Pacifique nous montre toute sa beauté et sa violence aussi. De très grosses vagues et l’horizon au loin.

 

For Halloween buy her a Trumpet*

J’ai toujours été très critique sur l’introduction très commerciale d’Halloween en France. Ici les choses sont un peu différentes. Halloween précède la Dia del morte, la journée des morts des populations hispaniques, et est une sorte de grande fête collective.

Tout le monde est déguisé, en sorcière, en zombie, en fantôme, en citrouille mais aussi en Zorro, Harry Potter, en Cendrillon ou en ange. Une sorte de carnaval en plein automne.

Les maisons sont décorées avec des toiles d’araignées des squelettes et des citrouilles.

La nuit tombée, les propriétaires des maisons déposent des sucreries au pas de leur porte pour que les enfants de passage se servent.

Un défilé de costumes est organisé dans les quartiers, les écoles ou les entreprises.

 

Les musiciens improvisent un concert dans la rue en lançant entre deux morceaux un « Happy Halloween » à destination des passants.

Même si les commerces vendent des objets ou accessoires de circonstance, globalement il s’agit davantage d’une occasion pour faire la fête en toute innocence.

Rien à voir avec un événement importé comme on peut le voir en France.

 

*Extrait de la chanson « She belongs to me » de Bob Dylan

Viva Las Vegas

Changement de décors avec notre arrivée à Las Vegas.

Très loin de la nature à l’état brut des parcs et de la vie simple des Navajos ou des Mormons.

A Las Vegas tout est superficiel. Sin City, la ville des péchés, comme l’appellent les américains.

What happens in Las Vegas stays in Las Vegas

 

Ce qui se passe à Las Vegas doit rester à Las Vegas, car on ne se donne aucune limite ici. Nous croisons en homme déguisé en prêtre donnant la main à une femme en mini jupe, bas résilles et rouge à lèvres provocateur. Bienvenue à Las Vegas.

Les décors sont incroyables, mais artificiels. Dans le quartier parisien, la tour Eiffel est à 20m de l’arc de triomphe de l’opéra et de la gare de l’est. Tout en un. Nous logeons à l’hôtel Luxor où le décor fait référence à l’Egypte antique. Sa forme est pyramidale.

Les sourires sont superficiels, commerce oblige. Ici l’argent doit circuler et sûrement être blanchi aussi.

Devant les machines à sous, les consommateurs appuient frénétiquement sur les touches de la machine, s’excitent, se fâchent, rient et pleurent.
Là-bas devant un tapis de jeu, une jeune femme blonde, presque dénudée, danse au son d’une musique de boite de nuit, pendant que les joueurs surveillent le jet des dés. Un chinois qui vient de gagner une petite somme,  jette un jeton à la danseuse qui s’empresse de ranger la précieuse récompense dans son soutien gorge noir.

On peut se marier en 15 minutes pour quelques dollars. Aller sur un grand 8 à sur le top floor d’un hotel.

A l’extérieur des casinos et hôtels, on découvre l’envers du décors. Des ivrognes assis misérablement sur une marche d’escalier, des vendeurs à la sauvette qui essayent d’avoir leur part de butin, et la prostitution.

Les limousines circulent, vitres teintées, au milieu des touristes exubérants ou égayés par l’alcool. Les panneaux lumineux diffusent les programmes des prochains spectacles ou de la publicité alimentés par les panneaux solaire de la centrale d’Ivanpah à 64km de Las Vegas. Malgré ce gaspillage écologique, la ville peut se venter d’être alimentée complètement avec des énergies renouvellables.

 

Zion train is coming on a way

L’Utah est le territoire de prédilection pour les mormons. Ils représentent 60% de la population totale de cet état, et Bryce Canyon, que nous visitons, tient son nom d’un charpentier mormons, Ebenezer Bryce,  qui travailla dans la région pour améliorer le transport de grumes.

Ce parc présente encore une particularité géologique de cet ouest américain. Ce n’est pas vraiment un canyon mais plutôt un amphithéâtre rocheux.

Le marteau de Thor

Résultats des dépôts sédimentaires, des poussées des plaques tectoniques et de l’érosion accélérée due à la succession de gel et de dégel, les hoodoos présentent une forme rocheuse bien particulière.

 

 

Une légende indienne dit que ces formes élancées sont celles d’hommes qui ont été pétrifiés par les coyotes pour leurs mauvaises actions. Les hoodoos sont d’ailleurs appelés par les amérindiens les figures peintes en rouge.

Après Bryce Canyon, direction Zion. nom donné à cet autre parc en référence à la terre promise évoquée par la bible qui regroupe le peuple de Dieu.

Nous logeons dans des maisons en bois tenues par des mormons qui pratiquent également l’élevage de bisons. Un ranch fort sympathique où les biches viennent brouter au pas de la porte.

Le temps semble s’être arrêté ici ; les robes longues des mormones, les calèches et autre vieille voiture. Un air de « La petite maison dans la prairie » ou de « Bagdad Café ».

Je…

Rock and Roll

Lors de notre trajet de Monument Valley à Page, la radio locale diffuse alternativement de la musique Country et des chants traditionnels Navajo.

Rings of fire de Johnny Cash alterne avec des chants aux mélopées répétitives. Les deux nous ramènent à une ambiance de western.

Nous sommes bien en pays Navajo.

Les Navajo ne veulent pas qu’on les appelle des indiens. Ce sont des Natives Américans. Une manière bien normale de rappeler qu’ils étaient là avant, et que cette terre est la terre de leurs ancêtres.

Nous quittons Monument Valley et ses formations rocheuses qui semblent être sorties de la terre – les Mesa, les tables – pour trouver des reliefs plus en rondeur 200 km plus loin, à Page.

Page est une ville qui trouve son origine en 1957 avec le barrage sur le Colorado.  Ce même barrage a donné naissance au Lac Powel du nom de celui qui est descendu le premier la rivière Colorado en 1869. A cause de ce lac artificiel les Navajos ont été obligés de quitter une partie de leurs terres désormais inondées.

Les collines à l’entrée de Page sont tout en rondeur avec des courbes harmonieuses comme des seins d’une femme. Tout le contraire des Mesa de Monument Valley aux arêtes plus vives.

La zone est davantage habitée, et n’a pas le caractère mystérieux – magique – de Monument Valley, mais les paysages ne manquent pas de charmes.

Nous découvrons Horse Shoe Bend qui présente une partie du Lac Powell dans une faille en forme de fer à cheval.

Un condor, oiseau mythique des Navajos, nous honore de son vol.

 

 

Les grottes d’Antelope Canyon sont une attraction de la région et à raison. Tout est rondeur et douceur. Les volutes taillées dans la roche par l’eau et par le vent sont absolument époustouflantes. La lumière du jour dans ces failles rocheuses apportent une dimension presque divine.

Les galeries ne sont plus occupées par les Navajos pour les cérémonies secrètes mais on sent une présence un peu magique ici également.

L’omniprésence du modernisme enlève ce coté mystique à Antelope et ici, les Natives Americans ont besoin, plus qu’à Monument Valley, d’affirmer leur culture. Ils parlent plus facilement de leur identité, des groupes folkloriques existent.

Nous sommes encore en pays Navajo, mais l’alcool n’est pas interdit à Page. Il est même très bon marché.

Nous terminons notre séjour à Page dans un restaurant comme il n’y en a qu’aux USA : un hangar dans un style urbain aux murs peints de fresques disposant d’une scène sur laquelle des groupes locaux viennent s’exhiber.  Notre dernière soirée à Page est rythmée sur des chansons de Johnny Cash et des chants Navajos. Nous sommes biens aux USA en pays Navajo.

Rockin in a free world

De toutes les belles régions de ce monde que j’ai eu la chance de voir, le Grand Canyon a ceci de particulier qu’il est tout à fait impossible de figer sa beauté sur une photographie. L’espace, le volume, la majesté, les couleurs ne peuvent être fixés sur une surface plane, aussi performante soit-elle.

Nous assistons au lever du soleil sur ces roches fabuleuses dont les strates de couleurs caractérisent les dépôts de sédiments et de faunes marines de plus de 1,7 milliards d’année.

La nature a déposé ici de vraies dentelles rocheuses sur une altitude visible de plus de 1000 mètres.

Tout au fond de la faille on devine par endroit la rivière Colorado.

Au petit matin les corbeaux s’adonnent à des voltiges qui ressemblent à des jeux ou des danses nuptiales.

Nous passons la journée dans cet endroit magique, et chaque position du soleil révèle d’autres reliefs.

Au loin, une épaisse fumée laisse deviner un feu de forêt. Les plateaux rocheux du grand Canyon sont recouverts de forêts de sapins.

 

Vers 15h nous partons vers le Nord-Est en direction de l’Utah.

Après presque 4h de route nous arrivons dans la nuit à Monument Valley.

Mais la nuit est noire. Le ciel, magnifique, nous permet de distinguer la voie lactée. La nuit est noire, et nous ne trouvons pas la route pour nous rendre dans le Hoggan que nous avions loué pour deux nuit.

En désespoir de cause, nous appelons notre hôte qui vient nous récupérer sur la route. Les indications d’accès qu’elle nous avait transmise étaient fausses.

Les Navajos vivaient traditionnellement dans ces habitations dont l’ossature est constituée de tronc d’arbres et recouverte de terre sechée.

L’intérieur du Hoggan

 

 

 

 

 

 

L’isolation thermique est parfaite et malgré les 6°C extérieurs il y fait très bon.

Au petit matin, nous découvrons ces buttes rocheuses tout autour de nous. Nous n’avions rien vu dans la nuit.

Nous passons la journée dans ce parc qui a été le cadre de nombreux films de John Ford mais aussi de films plus récents (Wild Wild West, Retour vers le futur III, etc).

Ces lieux sont sacrés, et les Navajos gèrent les visites, la restaurations et les accès. De nombreux points ne sont accessibles qu’avec des guides.

Ces lieux sont mystérieux. Ils ont une âme et entre les buttes rocheuses, on se sent protégé… A l’abri de tous risques.

Les Navajos sont gentils, serviables mais il est difficile de leur arracher un sourire.

 

Huge

Tout ici est dans démesuré…

Pour notre location de voiture à Las Vegas seules des voitures à 7 places étaient disponibles. Il est impensable qu’on visite des parcs nationaux à partir de Las Vegas avec une petite voiture de tourisme.

La route Las Vegas – Tusayan est magnifique. Les paysages changent en permanence alternant roches, steppes, et lacs. La lumière du coucher de soleil intensifie encore la beauté des paysages.

L’immensité des espaces est toujours surprenante, même après ce deuxième voyage dans cette région.

Même si la route est reposante, la Highway 40 traverse les reliefs sans aucunes courbes sur plus de 200km.

Dieu bénisse les régulateurs des vitesse.

Enorme également les lits d’hôtel… King size. Un lit pour 6, un carré de 2m20 sur 2m20.

Enormes les steaks, les choppes de bière, les supermarkets.

Bienvenue dans le Nevada, à Grand Canyon!!!!

 

… adossée à la colline….

San Francisco évoque pour moi cette série télé dans laquelle Michaël Douglas a fait ses débuts : « Les rues de San Francisco »

La maison bleue de Maxime Leforestie

Ses nombreuses rues rectilignes et en pentes  donnent à toute course poursuite un cachet particulier.

C’est aussi cette chanson de Maxime Le Forestier que tout le monde a fredonné une fois au moins en France.

Peut-être une des premières chansons que j’ai joué à la guitare.

Le Forestier a vécu quelques temps à San Francisco au début des années 70 dans une maison de couleur bleue à Castro.

Les américains ne comprennent absolument pas ce que signifie cette maison, et les jeunes Français rencontrés lors de notre « pèlerinage » se demandent de qui il est le contemporain.

Mais je découvre que San Francisco tient son nom de Saint François d’Assise. Cette ville a une longue histoire.

Ses quartiers sont accrochés à des collines : Chinatown, Mission le quartier Mexicain, Castro le quartier gay, Présidio l’ancien quartier militaire, Embarcaderos le quartier des dockers….

Downtown : le quartier économique

C’est aussi la ville où il y a le moins d’enfants et le plus de chiens. La moyenne d’âge ne dépasse pas 40 ans. La Silicon Valley ne laisse pas de temps pour  les enfants.

Mission le quartier Mexicain possède des peintures urbaines impressionnantes  qui expriment la culture, parfois la révolte, des populations hispaniques.

 

 

Going to San Francisco

« If you’re going to San Francisco
Be sure to wear
Some flowers in your hair
If you’re going to San Francisco »

C’est le troisième voyage aux Etats Unis. Le troisième voyage avec une arrière pensée musicale. Après le blues de Memphis, la musique de Dylan dans le Midwest, nous voilà dans l’ouest du Gratefull Death, Janis Joplin, CSN&Y, et autres hippies des seventies.

Départ au petit matin avec une escale à Amsterdam pour arriver à San Francisco un peu après midi (heure locale).

Le décors de San Francisco est très vite planté, car en sortant du métro nous sommes attirés par une Gibson amplifiée par un musicien de rue. A l’arrêt de bus, musique Pop Rock ou Rap diffusées par les smartphones des passagers.

Nous logeons dans le quartier Aight Ashbury à 100 m de là où vécue Janis Joplin. C’est le quartier Hippie de San Francisco et on ne peut pas l’oublier. Les couleurs psychédéliques du Flower Power sont bien présentes. On ne peut pas ignorer que Jerry Garcia du Gratefull Death, décédé en 1995, à vécu ici.

Les gens sont joyeux, serviables.
« With some flowers in their hair« . Les paroles de la chanson de Mc Kenzin restent toujours actuelles.

Les guitaristes, écolos et fumeurs en tout genre se regroupent le soir pour discuter, fumer, boire et jouer ensemble. Une ambiance très décontractée à quelques stations de métro de la Silicon Valley et de l’hyper technologie.

Nombreux musiciens des années 60 et 70 se sont tournés vers les philosophies orientales : à commencer par les Beatles, mais aussi les Stones, Leonard Cohen et d’autres. Tout naturellement des ashrams et des centres de méditation se sont installés à San Francisco à l’instar de ce centre créé en 1970 par une ressortissante indienne et dans lequel nous avons participé à la fête de la lumière : Diwali.

Une magnifique demeure et une communauté regroupant des scientifiques, ingénieurs, travailleurs sociaux, étudiants et simples ouvriers.

Ambiance très hippie également où les mots « Love », « Light », « Happiness » reviennent dans les discours.

L’occasion aussi pour MT de tracer un dessin flottant à l’entrée du centre.

Changement de décors en fin de soirée dans un bar de Castro qui est le quartier des populations gays.

Spectacle assez étonnant de voir des drag queen cotoyer des transsexuels et des homosexuels dans ce bar historique du quartier, tout ça dans un décors de squelettes, de sorcières et de toiles d’araignées annonciateur d’Halloween.

Going, Going, Gone

I’m closin’ the book
On the pages and the text
And I don’t really care
What happens next.
I’m just going,
I’m going,
I’m gone.m_P1020363

I been walkin’ the road,
I been livin’ on the edge,
Now, I’ve just got to go
Before I get to the ledge.
So I’m going,
I’m just going,
I’m gone.
Going, Going, Gone (Planet waves)

Arrivé à la maison, Aurore me demande comment c’était….
C’est une question tellement difficile….

Le premier mot qui me vient à l’esprit est démesure.

  • Des lacs qui sont des mersm_P1020378
  • Des routes qui n’en finissent pas,
  • Des pizzas de 50cm de diamètre….
  • Des building toujours plus haut, pour je ne sais quelle compétition
  • La police qui patrouille en hélicoptère
  • Des voiture énormes
  • Les liquides (jus, lait…) conditionnés par 4 litres

Et aussi contradiction du point de vue du petit français que je suis.

  • Des moyens financiers qui semblent sans limite alors que le pays, rapporté au nombre d’habitants, est le plus endetté au monde après le Japon (Source Commission Européenne- Banque de France).
  • Un contrôle sévère de l’alcool et presque une absence de contrôle des armes
  • La vie ancestrale des Amish, à coté de l’hypertechnicité
  • Le junk food en ville pour gagner du temps, que l’on compense par des heures quotidiennes de footing ou de sport en salle.
  • L’omniprésence de la religion là ou l’individualisme est roi
  • ….

Ce pays a presque conditionné la musique mondiale. Notre culture musicale, si on fait abstraction de la musique classique, vient de là. Pourtant, hormis quelques rares exceptions, les américains de la rue n’arrivent pas vraiment à préciser quelle type de musique ou quel artiste ils écoutent….
Mise à part Bruce Springsteen, qui semble bien populaire (Born in the USA n’y est pas pour rien), en ville, ils écoutent un melting-pot de choses qui passent à la radio. Parfois, je sens ce phénomène arriver en France.
En campagne, la musique country, grâce à des festivals très populaires, est encore bien implantée, mais aucun artiste ne se dégage vraiment d’un autre.

Calvin Russel, un rocker Texan, disait un jour que les américains n’avaient aucune fidélité sur le plan musical contrairement aux européens, ce qui rendait les carrières des artistes tellement difficiles et éphémères.

Je n’arrive pas à oublier une discussion que j’ai eu au sujet de l’intégration des noirs aux USA et en France. Mon interlocuteur, d’origine africaine me disait que la France avait raté l’intégration et qu’elle le payerait chèrement car tous les jeunes africains s’en détourne pour aller vivre aux USA, où ils sont reconnu pour ce qu’ils sont et pas par la couleur de leur peau. Il a sûrement raison. L’histoire de l’Amérique peut expliquer cela, mais ne doit-on pas justement tirer des leçons de l’histoire pour aller de l’avant ?

Je l’avoue, j’ai pris l’avion avec un pincement…. Bien sûr, le fait de laisser Daniel, mais il y a aussi un quelque chose que je n’arrive pas à identifier mais que j’ai beaucoup aimé lors de ce séjour.

m_P1020329
Waynesboro (PN) : Main street

Plein d’images et d’idées me trottent dans la tête 3 heures après mon retour…. et le jetlag qui me rappelle que je suis bien revenu en France 😛
Je sais que Bob DYLAN sera bien présent encore les prochains jours.

 

 

 

Never say goodbye

Je suis à nouveau à Pittsburgh et cela annonce la fin de ce voyage.

J’aurai parcouru 8000 km en voiture et en bus, fait plus de 300 km à pied, les semelles de mes Stan Smith sont trouées ce qui n’était jamais arrivé je crois 🙂 . Je voulais que ce soit un voyage de rencontres et de musique, et je n’ai pas été déçu.
Retrouver ceux que je connaissais déjà, faire de nouvelles rencontres durables ou juste ponctuelles. Aller dans ces coins perdus…
Et quand la musique n’était pas sur la route, elle était dans ma tête.
Et puis surtout je voulais voir dans quel cadre évoluait Daniel et comment étaient les universités américaines.

m_P1010494
Université de Pittsburgh : Cathedral of learning

A ce sujet, 3 chiffres pour se faire une idée :

  • Le département informatique de Carnegie Mellon vient de se voir attribuer la modique somme de 1,7 milliards de dollars par le département d’état à la défense.
  • Une année universitaire ici coûte 58000 $ à chaque étudiant
  • Une ex-étudiante, qui travaille maintenant, m’a avoué avoir 130 000$ de dettes suite à ses études

Ca fait réfléchir.

 

Revenons à la musique :

Un artiste qui a 55 ans de carrière, 700 chansons à son actif et qui s’est renouvelé en permanence ne me laisse pas indifférent. J’avais envie, par ce blog, de partager ça aussi.

Une dernière petite réflexion sur Dylan :

P1020185Dans son enfance, Robert Zimmerman avait été marqué par les saltimbanques qui passaient dans la rue principale de Hibbing, la Howard Street.
Plus tard, jeune artiste à New York, Bob Dylan s’inventait une histoire (un peu à la manière de Robert Johnson) qu’il a raconté aux journalistes, et dans laquelle, adolescent, il aurait fugué du Minnesota et appris la musique en allant de ville en ville.
En 1975, il met sur pied le Rolling Thunder Revue, une tournée avec des amis (Joan Baez, Roger Mc Guinn…) à la manière des saltimbanques, où ils improvisent des concerts dans les villes traversées, presque en amateurs.
Plus tard encore, en 1988, il démarre son Never Ending Tour qu’il n’a toujours pas arrêté : plus de 100 concerts par an (176 concerts en 2015 et il a 74 ans!!!) depuis cette date.

Il ne serait sûrement pas ce qu’il est, s’il avait grandi à New York, s’il n’avait pas vu ces cirques ambulants.
Notre manière d’être est conditionnée par nos rencontres. Et pour moi Dylan en est une parmi de nombreuses autres.

Twilight on the frozen lake
North wind about to break
On footprints in the snow
Silence down below.

My dreams are made of iron and steel
With a big bouquet
Of roses hanging down
From the heavens to the ground.
The crashing waves roll over me
As I stand upon the sand
Wait for you to come
And grab hold of my hand.
Never say Goodby (Planet waves)

Je reviens sur Pittsburgh en bus et retrouve, lors de mon voyage, quelques images que de jours en jours j »avais croisé.

m_P1020366
Chauffeur de taxi
m_P1020358
Calèche Amish devant la banque

m_P1020058Je termine ce blog avec des bisous particuliers à celle qui est loin là-bas et aussi à ceux qui sont en vacances en Charente Maritime.

Maggie’s farm

Une chanson pour expliquer que nous travaillons tous dans la ferme de quelqu’un…

I ain’t gonna work for Maggie’s ma no more.
No, I ain’t gonna work for Maggie’s ma no more.
Well, she talks to all the servants
About man and God and law.
Everybody says
She’s the brains behind pa.
She’s sixty-eight, but she says she’s twenty-four.
I ain’t gonna work for Maggie’s ma no more.

I ain’t gonna work on Maggie’s farm no more.
No, I ain’t gonna work on Maggie’s farm no more.
Well, I try my best
To be just like I am,
But everybody wants you
To be just like them.
They sing while you slave and I just get bored.
I ain’t gonna work on Maggie’s farm no more.
Maggie’s farm (Bringing it all back home)

amish
Les Amish n’aiment pas être pris en photo. La photo n’est donc pas de moi.

Il y a beaucoup de Amish en Pennsylvanie. Cette communauté, fondée en Alsace au XVII° siècle dont les règles de vie sont dérivées de celles des mennonites, pratique essentiellement l’agriculture. Ils essayent de vivre avec un minimum d’équipements techniques : pas d’électricité (si possible), pas de téléphone, pas d’habits sophistiqués, etc… On les reconnait assez facilement par leurs habits qui semblent provenir d’un autre age : bonnets et robes longues pour les femmes, chapeaux noirs et longue barbe pour les hommes. Beaucoup se déplacent en calèche ou à cheval. Ils pratiquent encore la culture m_P1020244attelée, ou, dans le cas contraire, ils utilisent de très vieux tracteurs, mais cultivent selon des techniques ancestrales, sans engrais chimiques ni pesticides. Leurs clients sont nombreux du fait de la qualité des produits.

Par ailleurs, l’absence de contraception contribue à ce que leur nombre augmente.

A 3 km de Waynesboro se trouve un magasin de vente Amish, et je décide de m’y rendre à pied pour faire quelques achats. Malheureusement les routes américaines ne sont pas prévues du tout pour les piétons, et on m’a déconseillé d’y aller en raison des risques et des accidents fréquents. Mais je suis têtu…
Finalement, 500 m avant d’arriver, Jack, un automobiliste me trouvant probablement imprudent, s’arrête et me conduit jusqu’à Paul’s Country Market, le magasin.
Très sympathique, il me parle de son travail, des risques de la route et me dépose après une ferme poignée de sa main tatouée.

Le magasin regorge de confitures, conserves, miels, purée de cacahuètes, légumes et fruits en tous genres. Certains équipements, produits ailleurs, comme des rocking-chair sont également en vente, mais aussi… des pots ou tasses Made in China.

Les commerçantes, d’une élégance sobre, sont généreuses en explications et sourires, mais mal à l’aise quand il s’agit de gérer le payement par carte bancaire.
Mon retour à la maison, bien chargé, n’a pas été facilité pour le coup, par un « Jack ».  😛

 

The answer is blowin’ in the wind.

m_P1020289
Le mémorial Lincoln à Washington

En 2009, la visite du mémorial Lincoln m’avait fortement impressionné. J’avais envie d’y revenir… Peut-être parce qu’à coté de ce géant qu’est Lincoln, l’histoire en a placé un deuxième.

m_P1020310
Le mémorial Luther King datant de 2013

En août 1963 (le 28 exactement), une marche sur Washington revendiquait les droits à la liberté, au travail, et aux droits civiques. La marche aboutissait au mémorial Lincoln justement.
Martin Luther King y prononça son fameux discours I have a Dream et 300 000 manifestants y ont participé dont 80% d’afro-américains.
Bob Dylan et d’autres y ont chanté plusieurs chansons, dont celle-ci qui mérite bien d’être citée aujourd’hui :

How many years can a mountain exist
Before it’s washed to the sea?
Yes, ‘n’ how many years can some people exist
Before they’re allowed to be free?
Yes, ‘n’ how many times can a man turn his head,
Pretending he just doesn’t see?
The answer, my friend, is blowin’ in the wind,
The answer is blowin’ in the wind.
Blowin’ in the wind (The Freewheelin’)

Plein de bisous à Anne-Marie pour son anniversaire 🙂

L’album Freewheelin‘ et surtout Blowin’ in the wind, ont réellement propulsé Dylan sur la scène internationale et ont fait connaitre au monde entier son habileté à manipuler les mots. D’ailleurs, il a volontairement retiré la lettre G au titre du disque (freewheeling = roue libre) pour laisser le doute sur le sens du mot (free willing = libre choix).
L’enfant du Minnesota avait fait un grand chemin.

I have a Dream résonne en moi de manière très particulières pour les raisons que certains comprendront, Blowin’ in the wind, même si ce n’est pas mon titre préféré, est une chanson aux paroles exceptionnelles et les statuts de Lincoln et de Luther King sont impressionnantes et imposent le silence par leur simple présence. Tellement de raisons qui expliquent ma chair de poule ici.

m_P1020283
La maison blanche

Washington est une belle ville dont beaucoup de bâtiments (musées, monuments, ministères, etc…) s’inspirent de l’architecture romane. De nombreux parcs et espaces verts permettent de s’y promener en oubliant qu’on est dans une capitale; il n’y a pas de buildings immenses qui oppressent .
J’ai un peu l’impression de me promener dans un livre d’histoire : Luther King, Lincoln, la première guerre, la deuxième, la guerre de Corée, l’obélisque (monument Washington), la maison blanche, Apollo 11 (musée de l’espace), etc…
Avec des chansons de Dylan dans ma tête :

Well, I’m walkin’ down the highway
With my suitcase in my hand.
Yes, I’m walkin’ down the highway
With my suitcase in my hand.
Lord, I really miss my baby,
She’s in some far-off land.
Down the highway (Freewheelin’)

Precious memories

Je traverse la ligne Mason and Dixon qui délimite le Maryland de la Pennsylvanie. Cette même ligne qui marquait le ligne de front entre le Sud et le Nord lors de la guerre de sécession. Waynesboro jouxte cette ligne… Des batailles sanglantes s’y sont déroulées, non loin de Gettysburg.
Des batailles pour le droit à l’humanité, pour une certain vision du monde. Ce n’est pas tellement loin de nous.

The world is old, the world is gray
Lessons of life can’t be learned in a day
I watch and I wait and I listen while I stand
To the music that comes from a far better land.

Close the eyes of our captain, peace may he know
His long night is done, the great leader is laid low
He was ready to fall, he was quick to defend
Killed outright he was by his own men.
Across the green mountain

C’est une journée de rencontres et de retrouvailles. L’occasion de se rappeler les moments communs, de refaire le monde… de juste passer de bons moments 

Precious memories, how they linger
How they ever flood my soul.
In the stillness of the midnight,
Precious sacred scenes unfold.
Precious memories (KNOCKED OUT LOADED)

Tout le monde reconnaîtra des visages connus

m_P1020217

Harlem incident

Avant de prendre le bus pour Washington DC, je décide de me promener encore un peu à Harlem. C’est dans cette partie de la ville que se sont concentrés les m_P1020182population afro-américaines mais aussi tous les immigrés africains. Un guinéen me disait hier qu’il avait beaucoup de compatriotes ici, mais que les Sénégalais, Maliens et Ivoiriens sont nombreux également. Ce sont eux qui tiennent bon nombre de commerces dans le quartier.
C’est ici qu’est né le mouvement de promotion des droits civiques des minorités. Marcus Garvey (à l’origine du mouvement Rasta) et surtout Malcolm X ont développé leurs actions ici.

Gypsy gal, the hands of Harlem
Cannot hold you to its heat.
Your temperature’s too hot for taming,
Your flaming feet burn up the street.
I am homeless, come and take me
Into reach of your rattling drums.
Let me know, babe, about my fortune
Down along my restless palms.

I been wond’rin’ all about me
Ever since I seen you there.
On the cliffs of your wildcat charms I’m riding,
I know I’m ’round you but I don’t know where.
You have slayed me, you have made me,
I got to laugh halfways off my heels.
I got to know, babe, will I be touching you
So I can tell if I’m really real.
Spanish Harlen Incident(Another side…)

Les boutiques portent des noms connus : TOUBA, DIOP, NGAYE…

Au hasard d’une rue, je tombe sur ‘le marché artisanal d’Harlem« . Un air de ressemblance avec le marché du plateau de Brazzaville : en vente, des toiles de Korhogo, des bijoux de pierres et d’argent, des batiks, des tuniques aux toiles colorées, des paniers…. Comme en Afrique en somme, et la négociation se fait en français pour les non américains. Trop drôle.

m_P1020196

Il y a de nombreuses églises et salles de Gospel dans le quartier. Généralement des temples baptistes.
La religion et le sacré sont une composante incontournable de l’amérique : sur leurs monnaies est écrit « In God we Trust » et « God bless America » est sûrement la plus populaire des chansons patriotiques.

Pour aller à Washington ou plus exactement Harrisburg, j’emprunte la compagnie Greyhound originaire de…. Hibbing. 🙂

La plus grande compagnie du pays me semble-t-il.

Le départ est un peu chaotique. Tout semble bien organisé : double contrôle des billets, enregistrement des bagages, accès au bus par des portes d’embarquement. Mais au final nous partons avec 30mn de retard, et des passagers hispanos n’auraient pas dû être dans le bus. Le temps de discuter, de les faire sortir augmente encore notre retard….

Au final, nous aurons un retard d’une heure sur le timing annoncé.

Hurricane

m_P1020186
DYLAN et Suze Rotolo dans la 4ème rue de Greenwich Village en 1963

J’avais 12 ans quand j’ai entendu I want you à la radio. Je ne connaissais pas Bob DYLAN. J’étais dans la phase Beatles et un peu Stones, comme tous mes copains. Je me rappelle avoir aimé sa manière de tirer les mots comme un violon tire les notes. Je ne suivais pas de cours d’anglais encore et la compréhension des textes n’était pas ma priorité. C’est l’harmonie et la cohérence de l’association des sons. Une écriture très différente du « Love me do » des Beatles ou de ce qu’on pouvait entendre en France.

Mais ma vraie claque a été Hurricane, un peu plus tard. Un titre de plus de 7mn, la voix soutenue par le violon et la guitare, et ces mots lancés comme des coups d’épées.
Je n’avais jamais entendu ça avant.
Ce fut une vraie révélation musicale pour moi.

Et bien sûr aussi le fait de mettre en poésie des problématiques sociales. Pour Hurricane, il est question  d’un boxeur noir condamné à tort dans le New Jersey alors que toutes les preuves désignaient un petit malfrat blanc. Un film (The Hurricane) a été fait de cette histoire dans lequel Denzel Washington joue le rôle de Rubin Carter.

Pistol shots ring out in the barroom night
Enter Patty Valentine from the upper hall.
She sees the bartender in a pool of blood,
Cries out, « My God, they killed them all! »
Here comes the story of the Hurricane,
The man the authorities came to blame
For somethin’ that he never done.
Put in a prison cell, but one time he could-a been
The champion of the world

Meanwhile, far away in another part of town
Rubin Carter and a couple of friends are drivin’ around.
Number one contender for the middleweight crown
Had no idea what kinda shit was about to go down
When a cop pulled him over to the side of the road
Just like the time before and the time before that.
In Paterson that’s just the way things go.
If you’re black you might as well not show up on the street
‘Less you wanna draw the heat.
Hurricane (Desire)

A partir de là, j’ai commencé à éplucher ses titres, ses disques : Désiré, Street legal, Slow train coming…

Non pas que Dylan me soit très sympathique… Je pense qu’il ne l’est pas… Mais c’est un génie sur le plan de la composition. C’est un personnage de roman, anticonformiste, et musicalement indépendant. Libre…
Sa manière d’écrire les textes, les doubles sens, les associations improbables qui prennent du sens… Bref, tout ça m’impressionne.

m_P1020162v2A New York aujourd’hui, il a fait mauvais toute la journée. Avec la chaleur des derniers jours, il fallait bien que ça tombe. Du pont de Brooklin, Miss Liberty était à peine visible. Une humidité dans l’air qui m’obligeait à nettoyer régulièrement mes lunettes.
Et des pluies quasi tropicales : courtes mais intenses. Difficile dans ces conditions de faire de longues marches, je me suis donc rabattu sur le métro.

Le métro parisien n’a rien à envier à son homologue américain. Au contraire, les stations New-Yorkaises sont vétustes, il y fait très chaud et la signalétique est à revoir.
m_P1020191Mais à part cela, on retrouve les mêmes bousculades aux ouvertures de portes, les mêmes têtes endormies, les mêmes balancements au rythme des sons émis par les écouteurs. Les enfants y jouent au janken aussi, les hommes d’affaires cravatés lisent le New York Times et les femmes enceintes rentrent angoissées dans la wagon espérant trouver une place assise pour pouvoir protéger leur ventre.
Si on fait abstraction des publicités placardées, on pourrait penser être dans une vieille rame du métro Parisien.

m_P1020170
Pont de Manhattan

New York City

Greenwich Village porte bien  son nom. C’est un petit village aux constructions assez homogènes et dont la place centrale est le Washington square.

m_P1020122Il fait très chaud et la température n’incite pas les musiciens à aller s’exposer au soleil , mais habituellement, autour de le l’arc de Washington, il y a toujours des guitaristes, joueurs de djembe ou autre saxophoniste..
En 1962, ce sont Dylan, Joan BAEZ, Pete SEEGER, LEADBELLY et d’autres qui partageaient là leurs techniques et leurs nouvelles compositions.
Un peu plus loin, les joueurs d’échec s’affrontent ou attendent des adversaires sur les échiquiers fixés àm_P1020119 demeure.

Well, I got a harmonica job, begun to play,
Blowin’ my lungs out for a dollar a day.
I blowed inside out and upside down.
The man there said he loved m’ sound,
He was ravin’ about how he loved m’ sound;

And after weeks and weeks of hangin’ around,
I finally got a job in New York town,
In a bigger place, bigger money too,
Even joined the union and paid m’ dues.
Dollar a day’s worth
Talkin New York (Bob Dylan)

m_P1020114Le Cafe Wha est toujours là, mais les autres bars (Gerdes Folk, etc…) où jouait Dylan ont été remplacés par des fast food ou autres magasins de souvenirs. Au rez de chaussée de l’appartement qu’il louait avec Suze Rotolo en 1963, on trouve maintenant un magasin de Sex Toys.

The times they are AChangin’

Le quartier est assez cosmopolite et j’ai été surpris en rentrant dans un restaurant ancien (une institution ici semble-t-il) au nom italien de constater que tout le personnel parlait l’italien.

Autre surprise, les lieux de restaurations ou boutiques sont souvent dans les caves, tandis que les étages sont des logements.

Lors de notre précédent voyage en 2009 nous n’avions pas eu le temps de nous promener dans Central Park. J’ai réparé cela aujourd’hui. Un parc immense en plein centre de New York. Le poumon de la ville disent certains.  Il fait environ 5km de long et 1 de large.

Enfin, je ne peux pas quitter New York sans avoir vu le Memorial du 11 septembre. En 2009 c’était un grand chantier. Le résultat est impressionnant et émouvant.

P1020130Deux bassins placés sur l’emplacement des tours jumelles. Dans chacun l’eau s’écoule pour symboliser la chute des tours et le trou carré au milieu recueille l’eau pour symboliser le peuple qui se relève. Tout autour des bassins, gravés dans le marbre, le nom de toutes les victimes de l’attentat.

Talkin’ New York

Robert Zimmerman changera de nom à Chicago pour Bob Dylan, plus facile à prononcer et moins connoté. Dans ses mémoires, il expliquera que Dylan est une déformation de Dillon, le nom de son oncle.

Il quitte Chicago pour New York en janvier 1961, où il rencontre son maître à penser et à chanter : Woody Guthrie mourant.

L’hiver 61 était rude et enneigé. Dylan est arrivé à Greenwich Village, le quartier beat, où résident les poètes, musiciens, écrivains et artistes divers, sans savoir où loger, et sans emploi.  Pour seule adresse le Cafe Wha, qui permettait aux artistes débutants de se produire et de faire passer une corbeille aux auditeurs.

Ramblin’ outa the wild West,
Leavin’ the towns I love the best.
Thought I’d seen some ups and down,
« Til I come into New York town.
People goin’ down to the ground,
Buildings goin’ up to the sky.

Wintertime in New York town,
The wind blowin’ snow around.
Walk around with nowhere to go,
Somebody could freeze right to the bone.
I froze right to the bone.
New York Times said
it was the coldest winter in seventeen years;
I didn’t feel so cold then.

I swung on to my old guitar,
Grabbed hold of a subway car,
And after a rocking, reeling, rolling ride,
I landed up on the downtown side;
Greenwich Village.
Talkin’ New York (Bob Dylan)

Je me rends à New York, par un voyage de nuit, avec la compagnie de bus Megabus.
Avant la présentation du billet, le contrôleur me fait un habituel « Hi, how are you today » (« Comment allez vous aujourd’hui ?« ). C’est une expression curieuse lorsque l’on rencontre quelqu’un pour la première fois, mais c’est vraiment habituel dans cette partie des Etats Unis.
Dans le même ordre d’idées, ici, on ne se fait pas la bise entre amis, mais  on se prend dans les bras en tapant amicalement le dos. Si on se connait moins c’est la poignée de main classique.

Ça allait beaucoup moins bien quand il m’a annoncé que mon billet était périmé, valable pour la veille.
En effet, préoccupé par autre chose et sûrement fatigué, je n’ai plus vérifié la date que j’avais programmé mi juin. J’étais resté sur une ancienne version de mon voyage.
Je demande timidement : « Oh sorry, but could I travel anyway? »

Réponse laconique « 40 bucks ».
En clair, je repaye mon billet, et je ne suis pas en position de discuter.

Je lui tends les 40$ en lui lançant « Could I have a receipt? »
« No receipt !!! » d’une voix agacée.
En voila un qui vient probablement de s’octroyer une pourboire confortable.

trajet5Le bus possède deux étages, est spacieux, climatisé, équipé de WIFI et de  toilettes. Il vaut mieux… Pittsburgh – New York se fera en 8 heures, de 22h à 6h.

Difficile néanmoins de dormir, car la climatisation est, comme à l’habitude, réglée  à une température très froide et les voisins de « chambre », nombreux, ronflent pour certains. Je ne m’y habitue pas 😉

A New York, je loge chez Melody, à Harlem, au Nord de Central Park, en plein quartier Ouest Africain. On y parle wolof, bambara, français et un peu américain. Idéal pour me sentir chez moi.

new-york

 

Masters of war

Come you Masters of war
….
You fasten the triggers

For the others to fire
Then you set back and watch
When the death count gets higher
You hide in your mansion
As young people’s blood
Flows out of their bodies
And is buried in the mud
Masters of war

Pendant que je faisais mon voyage de retour vers Pittsburgh, un nouveau drame a frappé les USA. Un individu a ouvert le feu dans un cinéma à Lafayette en Louisiane. Bilan : 3 morts et 7 blessés graves.

La majorité des américains considèrent que c’est un droit inaliénable de posséder une arme pour se défendre. Les armureries sont nombreuses, et on peut acheter une arme sur simple présentation de la carte d’identité et en payant comptant.
Barack Obama, a essayer  de modifier la loi quant à la vente d’armes, mais il n’a pas réussi à avoir l’accord du sénat.

guns_coldwaterJ’ai eu l’occasion de rentrer dans une armurerie à Coldwater dans le Michigan. Le spectacle est impressionnant, car j’y ai vu exposé des armes de guerre. Plusieurs clients examinaient très sérieusement les fusils.
Ce magasin faisait aussi du prêt sur gage, et en particulier il y avait une magnifique guitare Gibson perdue au milieu de ces armes.
Cela me paraissait tellement incompatible.

gibson

A l’inverse, le contrôle de l’alcool est très strict. On ne peut pas acheter une bière dans un supermarché.
Il y a des magasins spécialisés pour cela, dans lesquels on ne rentre que si on a plus de 21 ans.
Dans les bars, Daniel est tenu de présenter sa carte d’identité pour avoir le droit de rentrer ou de consommer. Et puis c’est vexant, car on ne me demande pas la mienne 😀 .

C’est culturel, mais les deux mesures semblent tellement disproportionnées.

Hall of fame

Tout le monde aura compris que le fil directeur de ce voyage était la musique.

Et quand la musique n’est pas prévue au programme, elle s’invite. Daniel avait souhaité que nous visitions Cleveland qui est juste à 2h de route de Pittsburgh.

Nous voila donc partis pour deux jours dans cette ville au bord du lac Erie… Le 3° lac le plus grand des USA après le lac supérieur et la lac Michigan. Le Lac Erie alimente, par les chutes du Niagara (que nous avions vu en 2009), le lac Ontario.

m_P1020021
Le bâtiment du Rock n »Roll Hall of Fame

Le hasard a voulu que le premier bar sur lequel nous sommes tombés est le Hard Rock Café, et en cherchant un restaurant, c’est le House of Blues qui est apparu.
Pour couronner le tout, nous découvrons que Cleveland abrite le Rock and Roll Hall of Fame. Le lieu aux USA, où l’on récompense les musiciens qui ont rajouté une brique à l’édifice de la musique que j’écoute.
L’expression « Rock and Roll » est d’ailleurs née dans cette ville en 1951, mais je ne le savais pas avant.

On retrouve dans le musée du RRHF, tous ceux que j’évoquais dans ce blog : Robert Johnson, Bob DYLAN, Buddy Guy, les Rolling Stones et d’autres.
Le lieu est impressionnant par la richesse des documents et des informations. On y a passé 4 heures.
De réécouter de vieux titres oubliés, de voir des vieilles guitares (waouw… la version expérimentale de la Gibson Les Paul… la Tiger de Jerry Garcia du Grateful dead 🙂 ), de découvrir ce lieu avec Daniel a été un moment mémorable.

And what did you hear, my blue-eyed son?
And what did you hear, my darling young one?
I heard the sound of a thunder, it roared out a warnin’,
Heard the roar of a wave that could drown the whole world,
Heard one hundred drummers whose hands were a-blazin’,
Heard ten thousand whisperin’ and nobody listenin’,
Heard one person starve, I heard many people laughin’,
Heard the song of a poet who died in the gutter,
Heard the sound of a clown who cried in the alley,
And it’s a hard, and it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
And it’s a hard rain’s a-gonna fall.
A Hard rain is gonna fall (Freewheelin’)

m_P1020041
Une des deux seule photo de Robert Johnson

Revenons à Robert Johnson :
Nous sommes au début des années 30. Robert Johnson s’est rendu populaire avec sa guitare en deux ans seulement.
Pour justifier ce succès fulgurant, il a expliqué qu’un jour il s’est perdu à un coin d’une rue de Clarcksdale entre les Highway 61 et 49.  Il y a rencontré le diable avec lequel il a scellé un pacte : son âme contre la virtuosité.
Cette histoire est devenue la légende de Robert Johnson. Il n’a profité que deux ans de son succès, avant d’avoir été assassiné par un mari jaloux. L’histoire ne raconte pas ce qu’est devenue son âme, mais dans la région de Greenwood trois tombes sont à son nom, sans que l’on sache où il est réellement enterré.
Le croisement de rue est maintenant appelé CROSSROAD et deux énormes guitares y ont été placées pour que l’on se souvienne de l’histoire.

Cleveland est une grande ville mais qui semble avoir perdu son attrait. Rockfeller y avait installé et développé ses raffineries. Située au bord du Lac Erie et traversée par la rivière Cuyahoga, elle profite d’une situation idéale pour un développement industriel. Aujourd’hui la ville essaye de se diversifier dans la biotechnologie pour compenser les pertes d’emplois dans l’industrie.

m_P1020061
Cleveland : Downtown

 

 

 

 

 


Gros bisous à Laurent pour son anniversaire. J
‘espère qu’il me lira du fin fond du Cameroun.

Abraham Lincoln said that….

Springfield est la capitale de l’Illinois; curieusement ce n’est pas Chicago. La ville ne compte que 100 000 habitants mais c’est une ville que je qualifierai de « sympa ». Il y a des zones piétonnes, des bâtiments à l’échelle humaine et qui sont mis en valeur.

La musique, que beaucoup d’entre nous écoutons, trouve ses origines dans le delta du Mississipi chez les esclaves noirs travaillant dans les champs de coton.
Mais cette musique a pu évoluer parce que ces esclaves ont été libérés, ont pu se déplacer, et enrichir leur style avec d’autres influences; cela à créé entre autre le Chicago Blues, le rock, mais aussi le rap, la soul, etc…
m_P1010975v2Cela a été possible grâce à un homme : Abraham LINCOLN, premier président républicain, des Etats Unis d’Amérique, sénateur de Springfield.
En abolissant l’esclavage (13° amendement en 1865), il a déclenché la guerre de sécession, mais a réussi à réunifier ce pays au prix de sa vie.
Pour l’anecdote, Barack OBAMA a également obtenu son investiture à Springfield.

Lincoln est un des géants de l’histoire. Le détour par Springfield s’imposait.

 

Well, now time passed and now it seems
Everybody’s having them dreams.
Everybody sees themselves walkin’ around with no one else.
Half of the people can be part right all of the time,
Some of the people can be all right part of the time.
But all the people can’t be all right all the time
I think Abraham Lincoln said that.
« I’ll let you be in my dreams if I can be in yours, »
I said that.
Talkin’ World War III Blues (THE FREEWHEELIN’ )

Un texte un peu ironique, mais je ne sais pas si la citation évoquée est réellement de Lincoln, mais celle-là l’est :

In the end, it’s not the years in your life that count. It’s the life in your years.
Au final, ce n’est pas tant combien vous avez vécu, mais comment vous avez vécu.

Le musée qui lui est consacré est absolument incroyable. Par des animations holographiques, des reconstitutions de lieux, des outils interactifs, des objets lui ayant appartenu, on arrive à suivre pas à pas le cheminement de cet homme. J’avoue y avoir ressenti une émotion assez forte.
Il y a quelques temps, je m’étais endormi en regardant le film récent qui lui est consacré, ce qui ne m’arrive presque jamais… là, tout éveille.

m_P1010944
Reconstitution d’une réunion d’Etat Major

Hasard du calendrier, tandis que je suis à Springfield, l’auteur de la fusillade de Charlestone vient d’être inculpé. Ce jeune sudiste de Caroline du Sud a tué 8 personnes noires tandis qu’elles sortaient du temple méthodiste. Horrible crime raciste.
Le président Obama, a souhaité, suite à ce drame, que le drapeau des confédérés soit enfin retiré définitivement devant le parlement de la Caroline. Cette demande a déclenché des manifestations des membres du KuKlux clan vêtus de TShirt portant la croix gammée…

If you can’t speak out against this kind of thing, a crime that’s so unjust
Your eyes are filled with dead men’s dirt, your mind is filled with dust
Your arms and legs they must be in shackles and chains, and your blood it must refuse to flow
For you let this human race fall down so God-awful low!

This song is just a reminder to remind your fellow man
That this kind of thing still lives today in that ghost-robed Ku Klux Klan
But if all of us folks that thinks alike, if we gave all we could give
We could make this great land of ours a greater place to live
The dead of Emmet Till (THE WITMARK DEMOS)

Cette chanson de Bob DYLAN écrite en 1963 à propos de l’assassinat d’un enfant noir en 1955 reste malheureusement d’actualité.
Ce n’est pas encore tout à fait la fin d’une histoire.

Ce qui est extraordinaire à Springfield, c’est la richesse de l’architecture des maisons voire des perrons. Globalement ce sont des maisons modestes, mais m_P1010935chacun y va de sa touche personnelle : le fanion, le drapeau, les fleurs, les fauteuils, etc…. On pourrait faire un album photo rien qu’avec ces photos là.

Et puis Springfield est placé directement sur la mythique Route 66.

Je l’emprunte demain matin pour revenir en Pennsylvanie… 11 heures de route….

 

Bon vol à ceux qui prennent l’avion dans les jours qui viennent. Et bonnes vacances.

 

The country I come from, is called the Midwest

Je quitte Duluth à 5h30 du matin pour Springfield en Illinois.

m_P1010911Le quartier dort encore, mais au bas de la colline, les lumières du port éclairent le lac. Elles sont allumées toute la nuit, car le chargement des bateaux avec des pellets de fer ne s’arrête pas. Ils iront vers les hauts fourneaux à Detroit, Pittsburgh ou ailleurs.

 

m_P1010925v2J’observe encore le soleil se lever sur le lac, tandis que Bob et Marley, les deux chats de la maison, se frottent contre mes jambes.

Et puis c’est parti pour une journée de route….

 

m_P1010927v2L’autoroute passe à nouveau au milieu des champs et forêts ondulés du Wisconsin. Les fermes sont grandes et éloignées les unes des autres, colorées, parfois défraîchies mais toujours pleines de charme.

La région est sauvage… Sur un chemin longeant l’autoroute, j’aperçois deux biches, et un peu plus loin, une autre écrasée sur le bas-coté. Il y a des écureuils partout également.

1000km séparent Duluth de ma destination. Cela parait énorme, mais la conduite n’est pas trop fatigante, si on fait abstraction des « bulldogs », des travaux d’entretien de la route, et des lambeaux de pneus sur les bas cotés ou sur la chaussée elle-même.

Je ferai finalement le trajet d’une traite pour arriver à Springfield à 16h.

circuit

Le jeune Robert Zimmerman avait quitté l’ « Iron Range » en 1959 pour aller à l’Université de Mineapolis pendant un an, puis après quelques jours à Chicago, il s’est installé à New-York. Dans ses mémoires, il écrit que durant toute son adolescence, il a rêvé de quitter cette région dès que possible.

Oh my name it is nothin’
My age it means less
The country I come from
Is called the Midwest
I’s taught and brought up there

The laws to abide
And that land that I live in
Has God on its side.
With god on our side (THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN)

Springfield est une autre histoire…

La fin d’une autre histoire….

Pleins de bisous aujourd’hui pour Joanne.

Joyeux anniversaire. 

Watching the river flow

Lorsque les émigrants européens se sont installés à Duluth, les indiens Ojibwe (eux-même s’appellent Chippewa) ont été repoussés plus à l’ouest. A 30 miles du Lac supérieur dans une région où coulent de nombreuses rivières et où il y des étangs peu profonds, entre Cloquet et Carlton.  Les indiens ont appelé cette zone Nah Gah Chi Wa Nong, ce qui veut dire « Là où l’eau est bloquée« . Les européens, quant à eux, l’ont appelé le fond du lac à cause de la faible profondeur des zones inondées.

Oh the history books tell it
They tell it so well
The cavalries charged
The Indians fell
The cavalries charged
The Indians died
Oh the country was young
With God on its side.

So now as I’m leavin’
I’m weary as Hell
The confusion I’m feelin’
Ain’t no tongue can tell
The words fill my head
And fall to the floor
If God’s on our side
He’ll stop the next war.
With god on our side (THE TIMES THEY ARE A-CHANGIN)

Il reste aujourd’hui environ 4000 indiens  dans cette réserve. Ils ont une administration propre qui gère les affaires de la réserve tout en respectant les lois américaines bien sûr . Ils ont leur propre police, leurs services de santé, leur tribunal local, etc… Leur agriculture est centrée autour de la culture d’un riz noir très fin et ils gèrent en outre deux casinos à Duluth et Carlton.

m_P1010886
Le casino de Carlton (MN) tenu par les indiens du fond du lac

Mais rien ne permet de penser qu’on est dans une réserve. Pas de wigmam, pas de plumes sur la tête, pas non plus de flèches qui ont volés au-dessus de ma tête. Les maisons, dans la réserve, sont identiques aux autres.
Est-ce un signe de bonne intégration ?

Ma petite discussion avec un « ancien » de la réserve laissait émerger une certaine amertume. Il m’a parlé de ces indiens qui sont morts à la 2° guerre, au vietnam et ailleurs, nombreux, et dont on ne parle pas. Il m’a avoué aussi qu’ils se mariaient davantage entre tribus. Un bon sujet d’ethnologie….

m_P1010896v2
Très loin, on devine les collines du Michigan
splitrock
Split rock Lighthouse

Et puis avant de partir, j’avais envie de remonter un peu le Lac, vers le Canada… Voir une dernière fois l’eau claire et bleue de ce géant.  Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas particulièrement ému par l’eau 🙂 . Mais l’immensité pure, c’est autre chose.

 

 

Hibbing

Paul a annoncé la couleur ce matin : « Hibbing is a boring city. What would you do there ?« . Mais j’ai décidé d’aller à Hibbing, ennuyeuse ou pas, on me l’a déjà faite.

I went back to see the gypsy,
It was nearly early dawn.
The gypsy’s door was open wide
But the gypsy was gone,
And that pretty dancing girl,
She could not be found.
So I watched that sun come rising
From that little Minnesota town.
Went to see the gipsy (New morning)

m_P1010858Hibbing est avant tout une blessure ouverte et rouge dans le sol du Minnesota. Une mine de fer à ciel ouvert, je n’en avais jamais vu, qui produit les 3/5° du fer américain. La ville s’appelait Alice (tiens, tiens…) à la fin du XIX° siècle puis a été déplacée (du fait de l’extraction du fer) et renommée Hibbing en l’honneur de celui qui a découvert le métal.
Toute l’économie tourne autour de ce métal, ou presque. Les enfants de Hibbing ont une voie professionnelle toute tracée.

m_P1010845v2
Maison de la famille Zimmerman à Hibbing

Le jeune Robert Zimmerman y est arrivé à l’âge de 6 ans. Dans ses mémoires (Chroniques vol1), il parle d’Hibbing comme d’une ville centrée autour du fer et dont la vie était ponctuée par certains événements exceptionnels : les feux d’artifice le 4 juillet, les jeux dans la neige et la venue de cirques ambulants. Il y a appris un peu de piano, la guitare et l’harmonica et surtout il y a découvert la musique (coutry, rock et folk).

m_P1010848
La salle de spectacle de la High School d’Hibbing

Au lycée, il a commencé à monter des groupes. Son premier concert a été donné dans la salle de spectacle du lycée. Une grande chance pour moi, et énormément d’émotion, de pouvoir rentrer dans cette salle magnifique.
Le jeune Robert n’était pas très assidu en classe et sa seule ambition marquée dans le yearbook de 1959 est de rejoindre Little Richard dont il avait entendu un disque chez le disquaire.

Il ne voyait pas d’avenir pour lui à Hibbing…. Dans un interview donné en 65, il déclarait : « je savais une chose, je devais partir de là-bas et ne pas y revenir… ». Certains habitants de Hibbing ne lui ont pas pardonné ces mots, et l’absence de musée s’explique sûrement par ce rejet.

Paul avait raison, la ville ne bouge pas beaucoup. Il m’avait conseillé d’aller boire une bière au Zimmy’s, un bar consacré à celui qui allait devenir Bob DYLAN, mais le Zimmy’s a fermé définitivement en février pour cessation de payement. Je me suis donc rabattu sur le bar des sportifs… 🙁 L’ambiance y était sûrement moins solennelle que ce qu’elle aurait été au Zimmy’s.

Gros bisous à Lucienne pour son anniversaire. Il est 1h du matin en France, mais dans le Minnesota nous sommes encore le 20 et il est 19h

Duluth

Ma première pensée quand je suis arrivé à Duluth (prononcer doulouce et pas dülütte comme un klaxon de voiture) a été « Qu’est-ce que je fais là ?« . Il s’agit d’une ville (80 000hab) portuaire par laquelle transite les céréales, le charbon et l’acier vers le monde entier. Pas d’architecture prestigieuse comme Chicago, pas de passé historique glorieux, pas d’Université avec des travaux passionnants comme Pittsburgh… « Qu’est ce que je suis faire là ? » D’ailleurs certains me l’ont demandé avant même que j’y arrive 😉  « Qu’est-ce qu’il y a à voir à Duluth?« .

Même le nom fait « trou perdu » : on le doit au premier européen qui s’y est installé: Daniel Greysolon, Sieur du Lhut,.

m_P1010827

Et puis une fois le choc passé, j’ai commencé à trouver un certain charme à cette ville.

Robert Zimmermann est né ici en mai 1941. Il n’y a vécu que 6 ans, mais y a fait une partie de son école primaire. Il n’en parle pas beaucoup et il y a curieusement peu de référence à lui dans la ville.

m_P1010795
La famille Zimmerman habitait au premier étage

Sa maison natale est totalement anodine et sans signalétique. Il y a bien un « Bob Dylan Way » mais elle est vraiment sans intérêt.

Il y a fait un concert, avec Paul Simon en 1999, pour remercier la ville. Dans un de ses rares commentaires, il montrait la colline en disant que sa première petite amie habitait là-bas.

Car la ville est perchée sur une colline. Mes Stan Smith s’en souviennent encore. On ne marche pas, on grimpe ici. On ne transpire pas, on se déshydrate.

Something there is about you that strikes match in me
Is it the way your body moves or is it the way your hair blows free
Or is it because you remind me of something that used to be
Something that’s crossed over from another century ?

Thought I’d shaken the wonder and the phantoms of my youth
Rainy days on the Great Lakes, walking the hills of old Duluth
There was me and Danny Lopez, cold eyes, black night and then there was Ruth
Something there is about you that brings back a long forgotten truth.
Something there is about you (Planet waves)

Les gens sont très attentionnés et agréables. Ils entament la conversation très facilement « What are you doing here ? », « Oh you came from France and you come to Duluth. Why ? »

Something is hapening here, but I don’t know what it is
Ballad for a thin man

J’avais (nous avions) gardé un souvenir mémorable d’un hamburger pris à Greenville en 2009. Rien à voir avec le big-mac ou cheese-mac. Donc en passant devant un petit restaurant qui ne payait pas de mine, j’ai voulu renouveler l’expérience du « Hamburger vrai » .
m_P1010800En rentrant, 3 autochtones au bar me dévisageaient. Je lisais dans leurs regards : « Il n’est pas d’ici lui. Qu’est-ce qu’il vient faire à Duluth ? »
Casquette USA et Mc Cormic sur la tête, le jeans usé et chemise de travail qui a fait son temps, ils prenaient leur 1/2 litre de bière en parlant de leur vie. Les « culs-terreux du Minnesota » comme dirait quelque que je ne nommerai pas.
Le hamburger était excellent. Certes, c’est de la cuisine américaine, mais ça n’a rien à voir avec ce qu’on connait de hamburger en France.

Après une journée passée avec mes hôtes et dans ce coin perdu, je me dis que si je restais là une semaine, je ne partirai peut-être plus.
Les gens sont simples, vivent simplement et sont attachés à leur « coin perdu ». Mon hôte s’est fait tatouer la carte du lac supérieur sur l’avant bras, c’est dire qu’elle tient à sa région. Elle élève ses poules et lutte contre les OGM, elle torréfie son café. Ceux qui, comme moi pensaient que les américains couraient après la montre et abusaient de la malbouffe se trompent. Ils ne sont pas tous comme ça.

 

 

 

 

North country

Après la Pennsylvanie, l’Ohio, l’Indiana, le Michigan, l’Illinois et le Wisconsin, me voila au Minnesota. 1000 miles au compteur.  C’est la destination la plus occidentale de mon voyage. Au bord du lac Supérieur, 10 fois plus grand que la Corse, et partagé entre les USA et le Canada. 10% des réserves d’eau douce du monde se trouvent là…..

trajet

La région, tout comme le Wisconsin est rurale. Ces sont les immigrants scandinaves qui se m_P1010757v2sont installés ici au XVII° siècle prenant peu à peu les territoires aux indiens. D’ailleurs le nom Minnesota vient de la langue indienne du Dakota voisin, Minisota, qui veut dire « terre des eaux aux reflets du ciel ».

Les populations du Minnesota ont la réputation d’être joviaux et serviables c’est pourquoi, aux USA, on leur associe la distinction « Minnesota nice »

Ce qui surprend en regardant la carte est l’omniprésence des noms français dans la région. Les indiens voisins par exemple sont de la tribu « Du fond du Lac »….

L’explication est à chercher dans l’histoire bien sûr, à l’époque où la France, établit une colonie qu’elle appela la Nouvelle-France.

La Nouvelle-France était précisément une vice-royauté du Royaume de France, de 1534 à 1763. Le territoire de la Nouvelle-France était constitué des colonies suivantes : l’Acadie, le Canada, et la Louisiane. À son apogée, il comprenait ainsi le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le nord de La Prairie, et une grande partie de la péninsule du Labrador.(Wikipedia)

Bob DYLAN a vécu dans cette région jusqu’à l’âge de 19 ans.

If you’re traveling to the north country fair
Where the wind hit heavy on the border line
Remember me to one who lives there.
She once was a true love of mine

Well, if you go when the snowflakes storm
When the rivers freeze and summer ends
Please see for me if she’s wearing a coat so warm
To keep her from the howlin’ winds.
Girl of the North Country (The freewheeling)

m_P1010770v2

Et il est vrai que le vent souffle encore plus fort qu’à Chicago.

 

 

Say Hello to Chicago

Cette fois ci ce ne sont pas les paroles de Dylan qui me viennent en mémoire mais celles de son copain : Neil Young

When the blues moved north, to Chicago they came
And I caught some myself in this blind alley and rain
Close to the L with it’s clattering train
Near an old ornate theater where I soon will be playing
I soon will be playing

m_P1010656Je quitte Chicago, mais je garderai en mémoire ce guitariste de blues de la Daley Plazza. Il jouait en regardant la « statue sans nom » de Picasso. Voyait-il en elle, une femme aux cheveux long, ou une créature zoomorphe à qui il faut plaire ou qu’il faut craindre?

So I said hello for you, when I saw a stylish girlm_P1010657
Walking by on the sidewalk with her hair in a swirl
From the wind that was growing at the end of the day
And I wondered what would be coming my way
What would be coming my way, coming my way

Durant mon séjour, j’ai logé chez une jeune afro-américaine d’origine nigériane : Chinelo. Elle vit avec sa mère dans un bloc d’un quartier résidentiel. Elle est travailleur social auprès d’adultes et de personnes âgées, mais pour arrondir ses fins de mois, elle loue son canapé à des voyageurs de passage.
Parfaitement intégrées, elles ne parlent plus leur langue entre elles mais l’anglais. Elles ont été des hôtesses  agréables.

You know I been to Chicago, I was here once before
And the rain kept on pounding outside the stage door
I was singing and drinking with love in my heart
I was younger and stronger while life played it’s part
While life played it’s part, life played it’s part

Je me rappellerai aussi de ces pluies battantes, qui m’ont réveillé la nuit ou qui m’ont obligé à me réfugier dans des coffee shop en attendant que la pluie cesse… Que le temps joue sa partition…

m_P1010717
Le lac Michigan

Let us not be strangers if we come to know
Things about each other that seem to come and go
‘Cause friendship is everything if love is to last
And I have my guard down and love passes fast
Love passes fast, love passes fast

Ce couplet là aussi je le trouve très juste. 🙂

m_P1010660
Oeuvre d’Anish Kapoor dans le Millenium Park « The bean » ou « Cloud gate »

 

Chicago

Oh the winds in Chicago have turn me to shreds
Reality has always had too many heads
Some things last longer than you think they will
Some kind of things you can never kill
It’s you and you only I been thinking about
But you can’t see in and it’s hard looking out
I’m 20 miles out of town in Cold Irons bound
cold iron bound (Time out of mind)

Le blues est né dans le delta du Mississippi chez les travailleurs journaliers des champs de cotons (les hobos). Basique, il repose sur la voix, la guitare acoustique (banjo, dobro, 6 cordes, 12 cordes) et l’harmonica.

m_P1010699
Matt Hendrix au Buddy Guy Legends

Mais la dépression des années 30, et le climat de peur imposé par le Ku Klux Clan, a obligé les travailleurs à s’exiler là où il y avait du travail et la sécurité. A Chicago et dans les zones où la production industrielles manquait de bras. Ils y ont développé le Chicago Blues en ajoutant à la guitare, de la batterie, de la basse voire des cuivres. Buddy Guy, Big Bill Bronzy, Muddy Waters, Willie Dixon sont quelques noms connus du Chicago Blues. Il est bon de revoir le film Blues Brothers pour se mettre dans l’ambiance.
Les lieux pour écouter cette musique, à toute heure de la journée, sont nombreux à Chicago .

trajetJe suis donc arrivé à Chicago par le sud, mais pour me rendre à ma chambre d’hôte qui se trouve au Nord, il m’a fallu traverser toute la ville.   Moi qui ait horreur de rouler en voiture dans les grandes villes… La circulation à Chicago est juste impossible; Une autoroute de 6 voies traverse la ville, mais elle est embouteillée aux heures de pointe. Néanmoins, les arrêts permettent d’admirer les buildings sur la gauche, et le lac Michigan à droite.

m_P1010617Sa superficie représente presque un dixième de la superficie de la France; On y mettrait 25 fois l’île de la Réunion…. Les indiens Ojibwe ont appelé ce lac Michigan, ce qui veut dire « Les grandes eaux » .

Véliplanchistes, baigneurs, et autres adaptes de la bronzette ou des châteaux de sable, y trouvent visiblement leur bonheur.

Chicago une grande ville, mais elle est bien pensée. Un incendie a partiellement détruit la ville en 1871, ce qui explique qu’elle a été reconstruite avec les contraintesm_P1010741 naissants de la société industrielle. En particulier, le métro permet un déplacement aisé vers la plupart des quartiers. Il fait parti du décor et les habitants de Chicago y tiennent. A coté des bâtiments architecturaux prestigieux, passe la ligne aérienne du L (nom donné au métro). C’est un peu curieux.

m_P1010641v2

En observant la ville du 110° étage de la tour Willis (la 2° tour la plus haute au monde après celle de Dubai) on se fait une idée de l’étendue de la ville et du Lac.

Chicago est connu pour son climat froid et venteux : « Windy City ». Le vent est glacial, même en été, lorsqu’il fait froid.

m_P1010667
Parmi d’autres œuvres d’art du musée :ce masque africain bien connu…

Parmi les autres superlatifs, Chicago  dispose aussi du plus grand musée d’art du monde : Art Institut Of Chicago. La collection est impressionnante : Cézanne, Gaughin, Magritte, Van Gogh, Mondrian, Dali, Picasso, Miro et j’en passe. Une certaine prof d’art que je connais y aurait passé la semaine je crois 😉

Et puis la rue regorge d’oeuvres : Picasso, Miro, Gerhy, etc…

Mes deux jours sont forcément trop courts. Je n’en verrai qu’un tout petit bout.