Qui attend longtemps au puits finira par y trouver un seau à puiser.

Se déplacer au Sénégal est en soi déjà une aventure.

Pour nous rendre à Saint Louis, ancienne capitale de l’AOF, nous décidons de prendre un minibus 14 places à la gare routière Baux Maraîchers.

Arrivée à 7h à la gare et pris en charge par un coxeur, le responsable de l’orientation des passagers. Nous sommes les premiers passagers dans ce minibus d’origine japonaise, visiblement déjà bien amorti.
La condition sine quanon pour que le bus parte est qu’il soit plein.
Patiemment nous observons les movements  de foule et espérons avec angoisse que nos co-voyageurs potentiels n’aient pas une surcharge pondérale trop importante car cela réduirait bien sûr notre espace vital sur les banquettes du bus.

Taxi brousse (Dakar 2018)

A 10h, la voiture est pleine et on peut penser à s’en aller, mais pas avant que  le chauffeur ait acheté son sandwich, salué ses copains et fait le plein.

Au bout de 20km, à peine sorti de Dakar, un bruit suspect pousse le conducteur à s’arrêter. La roue arrière gauche n’était tenu que par un boulon sur 5. Les 4 autres boulons étaient absents. Pas de cric… Il dévisse le boulon d’un autre roue, déshabille Pierre pour habiller Paul, mais malheureusement rien n’y fait. Nous sommes en pleine campagne avec un soleil bien haut et une température qui avoisine les 35°.

Au bout de 30mn et pas mal d’agacement de tout le monde, un bus déjà bien rempli, vient à notre secours et nous changeons donc de véhicule. Plus confortable et plus rapide. Le sourire revient, mais à mi chemin nous changeons à nouveau de véhicule pour un vieux bus plus chargé, moins ventilé et qui s’arrête à la demande.

A chaque arrêt; les vendeuses de mangues, d’eau glacé ou d’arachides rentrent dans le bus pour proposer leurs marchandises.
Les guérisseurs aussi profitent de la tribune pour essayer de convaincre les passagers que leurs grigris contre les serpents ou le rhume du ventre (entendez la Diarrhée) est efficace. Et ça marche…

Au final nous arrivons à 17h après avoir parcouru tout juste 400 km.

Nous admirons lors de la traversée du Sénégal du centre au Nord, les changements de paysages.
Nous admirons les superbes baobabs tout au long de la route.

baobabs (senegal 2018)

De nombreux villages traversés ont un nom qui commence par Keur ce qui signifie « la maison de… » en wolof.

Cheikh Anta Diop, célèbre anthropologue Sénégalais a rédigé dans les années 70 une étude dans laquelle il comparait la langue bretonne avec le wolof. Les similitudes nombreuses mais aussi la présence de mégalithes dans le Sine Saloum comme en Bretagne l’ont conduit à élaborer une hypothèse sur la migration des populations d’Afrique de l’Ouest vers le Nord et donc la Bretagne.

Tout au long de la nationale 2 qui nous mène à Saint Louis, nous découvrons, à nouveau, les horreurs de la pollution.

Mais, point très encourageant, je n’ai pas observé du tout le phénomène de désertification constaté en 1984, alors que cette année là, j’étais dans cette région à la fin de la saison des pluies. Il y a eu un gros effort de fait pour le reboisement, la mise en place de barrière d’arbustes, mais aussi de creusement de puits.

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