Le temps révèle les vérités

Les deux souvenirs qui me restent de ma première nuit à Dakar en 84, sont la moiteur du corps en raison de l’humidité et de la chaleur en saison des pluies, et le chant du Muezzin à 6h du matin.

Ca n’a pas changé.

Après une nuit bien chaude, nous sommes réveillés à 5h par l’appel à la prière. La mosquée Peul Fouta est à 100 mètres de notre logement et on ne peut pas ne pas l’entendre.

A 6 heures, le quartier s’anime peu à peu et les petites bonnes du quartier, employés de maison ou simplement des enfants de la maison, commencent à balayer les trottoirs. Tous les matins inlassablement elles balayent le sable déposé par le vent et les passants.

Traction attelée Gorée 2018)

Le quartier Amitié est un quartier populaire réhabilité dans les années 80. Les rues sont de très bonne qualité mais la circulation est dense. Hormis les voitures on y croise les chevaux utilisés pour déplacer des charges, des moutons et des passants.

Dans presque toutes les rues des commerçantes ont installé des cantines traditionnelles où pour quelques centimes, assis sous une bâche et sur quelques planches, on peut prendre un sandwich et du café. C’est aussi un lieu de rencontre où s’échangent les nouvelles.

Pour notre première journée à Dakar, nous retournons à Gorée. Cette île à l’histoire tourmentée, est surtout connue pour l’importance qu’elle a joué dans le commerce triangulaire.

La porte de non retour (Gorée 2018)

On a beau connaître l’histoire, on a beau y avoir déjà été, on ne peut s’empêcher de sortir de là avec les yeux humides et un fort sentiment d’incompréhension des hommes.

Chaque pas dans la maison des esclaves nous révèle de nouvelles horreurs passées : la salle des femmes, la salle des vierges, la salle des enfants, les cachots des récalcitrants etc…. Je ne peux m’empêcher de penser que le sol sur lequel je marche a été foulé par des dizaines de milliers d’esclaves qui n’ont rien demandé que de vivre dans leur pays et avec leur famille. Moins de la moitié ont survécu à la traversée séparés, déracinés….

L’horreur.

« Moi je suis l’autre et l’autre est moi » aime à dire Jean Ziegler.

Gorée reste en dehors de cela, une île paisible qui vit du tourisme et de la pêche. A peine 1800 habitants qui occupent ces vieilles maisons construites soit par les portugais, les anglais ou les français.

Cette première journée est aussi l’occasion pour nous de manger un excellent Tieb Bou Dien, le riz au poisson; le plat traditionnel du Sénégal.

Le Sénégal est le 4° consommateur de poisson au monde.

Tieb Bou Dien (Sénégal 2018)

 

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