Duluth

Ma première pensée quand je suis arrivé à Duluth (prononcer doulouce et pas dülütte comme un klaxon de voiture) a été « Qu’est-ce que je fais là ?« . Il s’agit d’une ville (80 000hab) portuaire par laquelle transite les céréales, le charbon et l’acier vers le monde entier. Pas d’architecture prestigieuse comme Chicago, pas de passé historique glorieux, pas d’Université avec des travaux passionnants comme Pittsburgh… « Qu’est ce que je suis faire là ? » D’ailleurs certains me l’ont demandé avant même que j’y arrive 😉  « Qu’est-ce qu’il y a à voir à Duluth?« .

Même le nom fait « trou perdu » : on le doit au premier européen qui s’y est installé: Daniel Greysolon, Sieur du Lhut,.

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Et puis une fois le choc passé, j’ai commencé à trouver un certain charme à cette ville.

Robert Zimmermann est né ici en mai 1941. Il n’y a vécu que 6 ans, mais y a fait une partie de son école primaire. Il n’en parle pas beaucoup et il y a curieusement peu de référence à lui dans la ville.

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La famille Zimmerman habitait au premier étage

Sa maison natale est totalement anodine et sans signalétique. Il y a bien un « Bob Dylan Way » mais elle est vraiment sans intérêt.

Il y a fait un concert, avec Paul Simon en 1999, pour remercier la ville. Dans un de ses rares commentaires, il montrait la colline en disant que sa première petite amie habitait là-bas.

Car la ville est perchée sur une colline. Mes Stan Smith s’en souviennent encore. On ne marche pas, on grimpe ici. On ne transpire pas, on se déshydrate.

Something there is about you that strikes match in me
Is it the way your body moves or is it the way your hair blows free
Or is it because you remind me of something that used to be
Something that’s crossed over from another century ?

Thought I’d shaken the wonder and the phantoms of my youth
Rainy days on the Great Lakes, walking the hills of old Duluth
There was me and Danny Lopez, cold eyes, black night and then there was Ruth
Something there is about you that brings back a long forgotten truth.
Something there is about you (Planet waves)

Les gens sont très attentionnés et agréables. Ils entament la conversation très facilement « What are you doing here ? », « Oh you came from France and you come to Duluth. Why ? »

Something is hapening here, but I don’t know what it is
Ballad for a thin man

J’avais (nous avions) gardé un souvenir mémorable d’un hamburger pris à Greenville en 2009. Rien à voir avec le big-mac ou cheese-mac. Donc en passant devant un petit restaurant qui ne payait pas de mine, j’ai voulu renouveler l’expérience du « Hamburger vrai » .
m_P1010800En rentrant, 3 autochtones au bar me dévisageaient. Je lisais dans leurs regards : « Il n’est pas d’ici lui. Qu’est-ce qu’il vient faire à Duluth ? »
Casquette USA et Mc Cormic sur la tête, le jeans usé et chemise de travail qui a fait son temps, ils prenaient leur 1/2 litre de bière en parlant de leur vie. Les « culs-terreux du Minnesota » comme dirait quelque que je ne nommerai pas.
Le hamburger était excellent. Certes, c’est de la cuisine américaine, mais ça n’a rien à voir avec ce qu’on connait de hamburger en France.

Après une journée passée avec mes hôtes et dans ce coin perdu, je me dis que si je restais là une semaine, je ne partirai peut-être plus.
Les gens sont simples, vivent simplement et sont attachés à leur « coin perdu ». Mon hôte s’est fait tatouer la carte du lac supérieur sur l’avant bras, c’est dire qu’elle tient à sa région. Elle élève ses poules et lutte contre les OGM, elle torréfie son café. Ceux qui, comme moi pensaient que les américains couraient après la montre et abusaient de la malbouffe se trompent. Ils ne sont pas tous comme ça.

 

 

 

 

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