Bob Dylan’s Blues

Parfois des envies en entraînent d’autres… En 2009, nous étions aux USA, pour découvrir le pays, faire des rencontres, faire tomber des barrières. Les miennes, certaines du moins, car je n’étais pas particulièrement attiré par ce « nouveau monde ».

Et au final, nous avions adoré certains aspects des Etats Unis. En tout premier lieu, le coté positif des américains; si tout va mal, ils rebondissent.

Et la musique bien sûr. Le blues du delta du Mississipi; Un croisement entre l’Afrique et l’Amérique… Leur histoire commune… La musique omniprésente, celle que j’aime écouter, qui est née des chants d’esclaves cueilleurs de coton et qui a donné naissance à des BB King, John Lee Hooker, Charly Paton, etc…

Tout ça m’avait donné envie de revenir pour une autre histoire, la suite…. celle de la musique qui me berce depuis mes 14 ans. Celle de Bob DYLAN, un personnage de roman, comme l’est Robert JOHNSON dont nous avions vu les 3 tombes présumées du coté de Clarcksdale.

Et il faut des circonstances pour que les choses se fassent. Les études de Daniel ont été le déclencheur.

Oh, who did you meet, my blue-eyed son?
Who did you meet, my darling young one?
I met a young child beside a dead pony,
I met a white man who walked a black dog,
I met a young girl, she gave me a rainbow,
I met one man who was wounded in love,
And it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard, it’s a hard,
It’s a hard rain’s a-gonna fall.

C’est une des chansons les plus incompréhensible de Dylan qui me trotte dans la tête depuis quelques jours. Elle a fait couler beaucoup d’encre. Certains voyaient dans ce Hard Rain la représentation des bombes russes lors de la crise de la baie des cochons. Dylan en a dit simplement « It’s just a song about a Hard Rain »….. Nous voila bien avancé… 🙂

Avec des associations de mots parfois improbables, elle parle peut-être juste des événements ou sentiments, bons et/ou mauvais, qui se succèdent dans une vie, comme les gouttelettes d’une pluie. Comme cette année difficile qui vient de s’écouler.

Je vais donc retrouver Daniel (qui n’a pas les yeux bleus) pour découvrir qui il a rencontré, ce qu’il a fait, ce qu’il a entendu….trajet

Un vol avec des escales à Paris et New York avant d’atterrir à Pittsburgh après 22 heures de trajets.

Le voyage se passe sans encombre et le spectacle du survol de New York la nuit ne laisse pas indifférent et donne une idée de l’immensité de cette ville.

A l’arrivée un chauffeur de taxi peu bavard m’emmène jusqu’au quartier résidentiel où vit Daniel.

Casquette cakie défraîchie, une barbe à la Bill Gibbons du groupe ZZ Top, et des lunettes noires qui  cachent ses yeux et les protègent probablement des maux de têtes dues à un excès de cigarette ou un manque de sommeil. Pas très bavard, pendant le trajet, tout en vidant sa tasse de café positionnée à coté du volant, il marmonnait quelques mots incompréhensibles qui sans doute n’attendaient pas de réponse. A l’approche de chaque feu au rouges, il faisait un petit geste de ses doigts comme pour actionner un interrupteur. Seul son téléphone, qui sifflait de manière un peu naïve à la réception de chaque SMS, permettait de se persuader qu’on n’était pas dans la voiture d’un acteur de série noire pendant un tournage.