Narrow way

Paysan qui évente l'orge à Entoto
Paysan qui vanne l’orge à Entoto

De fin 1984 à aout 1985, l’Éthiopie a été victime d’une terrible famine qui touchait l’Oromo et le Tigré (le Wollo) provoquant plus d’un millions de morts…

Le monde entier s’est mobilisé (parfois tard) pour venir en aide à ce pays que certains découvraient. Le Band Aid initié par Bob Geldorf, chante « We are the world » avec les paroles de Mickael Jackson; en France Valérie Lagrange, Renaud et d’autres fondent SOS Éthiopie pour apporter des fonds pour la lutte contre la famine.

Une des raisons de cette famine était les faibles pluies de juillet-Aout et donc les faibles récoltes. Mais la raison était aussi politique. Le régime communiste en place, pour mettre à genoux  les rebellions sécessionnistes de ces deux régions n’avait pas autorisé la circulation des marchandises et donc la distribution de l’aide alimentaire. Les rebelles également s’opposaient aux convois.

Le bilan humanitaire a été catastrophique et l’aide a été malheureusement largement détournée par les militaires et les rebelles (source Jeune Afrique 03/03/2010).

En traversant ce pays il est difficile à croire qu’il y a pu y avoir une famine… La terre est riche, les paysans sont travailleurs. Ca ne devait pas arriver, ca ne devrait plus arriver.

petit_P1000684Nous partons de bonne heure pour aller de Gondar vers Aksoum (Axoum). Les rues sont déjà bien animées. Nous sommes samedi et c’est jour de marché dans toute l’Éthiopie. Les gens se saluent dans la rue, se serrent la main et cognent mutuellement leur épaule droite comme le veut la salutation populaire; certains s’embrassent. Sur la route du village au marché nous croisons des colonnes de paysans accompagnés de leurs ânes lourdement chargés, de leurs vaches ou chèvres. Certains portent des sacs sur la tête ou le dos. Parfois ils ont à parcourir 15km pour aller au marché. Pas étonnant que les coureurs Éthiopiens sont les meilleurs au monde.

La région est vallonnée, accidentée, et ils marchent à travers champs pour atteindre plus vite leur destination. Les dénivelés sont importants et le sentier dangereux. Femmes, enfants et vieillards ne sont pas épargnés.

Le paysage est magnifique. Petit à petit les monts Simien se dévoilent. Des pics rocheux de plus de 3000m d’altitude qui sont un peu un mélange entre le Grand Canyon et la Dead Valley. Une sorte de forteresse naturelle qui sépare l’Amhara du Tigré.

Les monts Simien
Les monts Simien

Nous empruntons une route vieille de 80 ans construite par les Italiens : La Lima Limo road du nom de son architecte. Mais l’essentiel de la route est en construction. Pas par les chinois, pas par les Coréens, mais par les Éthiopiens eux même. Nous découvrons un chantier sur plus de 150km ou des Éthiopiens de tout âge travaillent. Chacun à sa mesure selon ses moyens sous la chaleur étouffante. Nous nous arrêtons pour laisser passer un camion, et une jeune femme qui travaille là nous réclame une bouteille d’eau. Avec toujours le sourire… des enfants nous réclament des stylos et nous montrent leur cahier écrit en amharique.

Femme Tigré et son enfant
Femme Tigré et son enfant

Une autre halte forcée nous permet de rentrer dans une maison pour boire un sirop d’une céréale inconnue… une sorte de petit blé. De quoi se désaltérer pour 3 takas (12 centimes).

Les femmes du Tigré se reconnaissent par leur coiffure traditionnelle qui est faite de tresses plaquées sur la tête et de cheveux non tressés à l’arrière. Surement ne se lavent-elles les cheveux que tous les deux jours, voire plus…..

Leurs maisons sont différentes aussi du fait de la présence abondante de rochers. Elles sont faites de pierres liées avec de la boue. Une palissade en pierre également délimite par ailleurs la parcelle.

 

Villageois revenant du marché
Villageois revenant du marché

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C’est la Saint Gabriel…. Un saint spécial pour les Ethiopiens, comme saint Michel, saint Georges, sainte Marie….

Donc bonne fête Gaby 🙂

4 réflexions sur « Narrow way »

  1. Oups… Bien sur ce sont des birrs pas des takas 🙂
    Pas de connexion aujourd’hui, je reponds plus longument demain.
    Bises

  2. Merci à vous pour ce beau cadeau de fin d’année: cette fenêtre (ré)ouverte sur ce coin de paradis. C’est un régal et un vrai bonheur de cheminer avec vous, de vous suivre dans vos pérégrinations, vos découvertes et vos rencontres.
    Merci encore pour tous les clins d’œil, pour toutes les intentions amicales, pour les attentions fraternelles.
    Bon vent pour la suite du voyage.On attend la prochaine étape avec impatience.
    Saint Gabriel

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