Epilogue

Voici bientôt 2 mois déjà que nous sommes revenus de notre voyage au Bangladesh. 2 mois pour laisser décanter et digérer les émotions générées par nos multiples découvertes et rencontres. Mais que dire réellement des 3 semaines passées dans le pays adoptif de Mélody ?

 

Du mercredi 24 Juillet au mercredi 15 Août

DSCN1363miniAprès le plaisir des retrouvailles, les surprises des lendemains et les interrogations permanentes, nous avons tenté de nous fondre dans la société bengali, de nous initier à la culture et aux mœurs locales. Vaste programme et grande ambition : nous nous sommes contentés d’observer et d’admirer, de nous étonner et parfois de nous indigner, de comparer, de nous interroger……. Rien de ce que nous avons vu, entendu, senti, goûté ou touché ne nous laissera indifférents et nous avons été avides de découvertes, d’expériences nouvelles : tester, essayer, comprendre.

Pas facile de dire vraiment ce que nous avons aimé le plus, tant les images et les événements se sont bousculés simultanément, intensément. Nous avons été sans aucun doute émerveillés par la beauté des paysages mais aussi et surtout par la vitalité d’une population paysanne qui, chaque jour que Allah, Shiva, Bouda ou Dieu fait, part à l’assaut de ce vaste territoire. Un acharnement vital et naturel pour faire de ce delta oriental un magnifique panorama agraire. Une vitalité et un sens de l’action ou de la débrouille que l’on retrouve dans les centres urbains, sur des marchés animés et hauts en couleurs, dans les quartiers, les centres commerciaux. Plus difficile cependant de supporter ici, l’insalubrité ambiante et omni présente qui, notamment dans les grandes agglomérations, donne au pays une image de « grosse décharge à ciel ouvert » même si les campagnes semblent épargnées. Pas facile, en effet, avec une démographie galopante (plus de 160 millions d’hab. sur quelques 145000 km² dont les 2/3 inondés) et une densité parmi les plus fortes au monde, de faire face aux exigences de la vie en communauté. L’extrême concentration se double ici d’une extrême pauvreté dans un pays où le niveau de vie et d’éducation est officiellement parmi les plus bas au monde. Triste situation dont profitent royalement et cyniquement les puissants voisins de la sous région et du Moyen Orient, mais pas seulement. Le grand capital industriel et financier a flairé le filon, exploitant les opportunités d’une main d’œuvre bon marché et corvéable à merci. En effet, avec une parité de 1€ pour 100Tk (Taka : la monnaie locale) et un « smic industriel » avoisinant les 1000Tk mensuels, on vous laisse préjuger du décalage de la situation qui, paradoxalement, fini par « faire aussi notre bonheur », nous touristes européens et privilégiés.

Nous avons disions nous, été émerveillés par la beauté des paysages et des espaces naturels mais pas seulement. Les visites et la découverte des vestiges et autres monuments historiques (temples, palais, lieux anciens ou contemporains) nous ont bien tenus en haleine et nous avons apprécié l’organisation générale du pays du point de vue des infrastructures et de l’aménagement du territoire par exemple :

–          Electrification à l’échelle nationale,

–          Accessibilité à l’eau même si elle n’est pas toujours potable,

–          Accessibilité par route, air, rail ou bateau de toutes les localités mêmes les plus reculées.

 

Le réseau de transport intra et inter urbain est bien développé et plutôt performant. En ville, le mode de transport idéal est incontestablement, l’incontournable CNG (Compress Natural Gas). Roi des embouteillages et de la dextérité, il n’a pas d’égal pour affronter le tohu-bohu du trafic quotidien.

Evoquons l’insalubrité permanente, la pauvreté endémique et ce qui semble être son corollaire : l’insécurité ambiante. Ce qui frappe principalement à Dhaka mais aussi dans toutes les grandes villes du pays, c’est l’omniprésence des gardiens à toutes les entrées des immeubles. La présence de policiers armés est visible ainsi que celle de milices privées chargées de sécuriser les quartiers. Le sentiment d’insécurité se renforce au vu du « barricadage » systématique et intégral des bâtiments et des appartements dont les « ouvertures » sont toutes munies de grilles de sécurité ainsi que les balcons. Une pratique architecturale et sécuritaire qui laisse dubitatif en cas d’urgence ou de nécessité d’évacuer. Au delà de cet aspect pratique, on peut néanmoins espérer (et encore) que cela permet d’offrir à tout un secteur économique, celui du bâtiment en nette progression, des marchés et des débouchés réels pour des entreprises locales et donc des ouvriers locaux…….. On réalise à peine et on comprend un peu mieux les enjeux cachés dans un pays où une classe moyenne et une jeunesse locale tentent d’exister entre l’extrême pauvreté d’une part et d’autre part, l’insolente richesse d’une bourgeoisie locale et/ou internationale, mercantile, industrielle, politique ou arriviste.

Une question fondamentale qui est aussi un défi à la société bengali toute entière, une société qui doit faire face aux réalités et aux contraintes de la mondialisation et celles, toutes aussi cruciales, des traditions, des encrages culturels sociaux et religieux.

Nous avons visité un pays fascinant, envoûtant, parfois inquiétant mais jamais menaçant. Un handicap et un grand regret cependant : celui de la barrière de la langue qui n’a pas toujours permis d’approfondir certains échanges, d’ouvrir d’autres perspectives, de prolonger des rencontres.

Enfin, nous voudrions remercier Melody pour son accueil et pour toute l’organisation de notre séjour. Merci à Anne qui a assuré la relève et qui a permis que notre fin de séjour se passe dans la plus grande sérénité. Merci à Sylvianne avec qui nous avons partagé les souvenirs de Rajshahi. Merci à Razzack et à son guide-chauffeur pour leur accueil et tout l’accompagnement dans nos pérégrinations locales. Merci aux amis de Melody et Anne (Anna, Thomas, Santiago, Plabon, Sami,…….) que nous avons croisés le temps d’un repas, d’une ballade et qui, de loin ou de près, nous ont accompagné dans notre aventure Bangladeshi. Merci à tous les inconnus et anonymes que nous avons croisés au gré des événements et qui nous ont spontanément aidés pour trouver un chemin, négocier un CNG ou un paiement, découvrir un lieu, se restaurer, se reposer……).

Merci enfin à Claude et Norbert de nous avoir entraîné dans cette aventure, dans cette découverte et au final dans ce beau voyage.

 

Gaby et Dany

Claude et Norbert