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Coffee Land

Nous emmenons de Jimma, Bulu, un guide qui connait bien les traditions et la culture des ethnies du sud Ethiopien, mais surtout c’est le propriétaire du campement dans lequel nous allons. Il nous accompagnera durant tout notre séjour chez les Suris.

Notre trajet du jour doit nous mener de Jimma à Mizane, 250km, soit 6h de voyage, par une route que les coréens sont en train de construire et qui est partiellement terminée. Aujourd’hui encore nous sommes ralentis par des troupeaux de bovins mais aussi, par quelques familles de babouins qui poursuivent la voiture. La fatigue aidant, mais surtout le changement de régime alimentaire, font que nous avons quelques troubles digestifs. Rien de grave… s’il n’y en avait pas ce serait surprenant.

Claude qui n’a jamais connu cela en Afrique, est victime d’une bonne crise de tourista qui nous oblige à nous arrêter à plusieurs reprises.

 

Nous traversons un champ d’une centaine d’ha de thé : le wush wush (wush est le nom de la rivière locale).

 

 

Bonga est la capitale du café dans cette région appelé Kaffa (voir récit d’hier). Je pensais jusque là que le café Ethiopien était du robusta…. J’ai honte, misérable ignare que je suis… C’est de l’arabica. D’ailleurs le terme ARABICA vient de l’abréviation d’Arabic Cafe, car ce sont les arabes qui, après la découverte du café et de ses bienfaits (si ! si !), en ont fait la commercialsation au Yemen et en arabie saoudite puis en Europe.

Pour rester dans l’Ethymologie, les enfants ici nous interpellent par You You. Cela vient du fait que lors des premier cours d’Anglais, les enseignants occidentaux utilisaient des phrases commençant par You (You are a Child, You are a boy, etc…). Les enfants pensaient donc que « You » était une forme de salutation et désignait les blancs. Ah!! la pédagogie….

Après la ville de Bonga, nous quittons la zone Oromo pour aller vers les zone appelée « des peuples du Sud ».

Le style des habitations est très varié, preuve que cette zone possède une mixité ethnique. Nous retrouvons les maisons peintes, mais aussi des maisons dont la charpente est maintenue par des piquets ou encore des maisons rectangulaires. La population est essentiellement musulmane, mais plus on se rapproche de Mizane et plus la croix chrétienne est exhibée sur les murs, les panneaux ou les toits des maisons.

Mizane est une petite ville mais Bulu nous affirme que cette ville possède une université des sciences techniques.

Dernière nuit à l’hotel avant 2 nuits sous la tente chez les suris.

 

Jimma

Dès le petit déjeuner, sans mots dire, Werede annonce la couleur : il est vêtu d’un gros pull et d’un bonnet… La journée sera fraîche 🙁 .

Nous échangeons quelques plaisanteries au sujet de Ya Bertrand qui, en essayant de nous joindre hier soir, l’a réveillé à 22h et au sujet de la quantité de café que j’avale (et dire que j’en bois moins qu’en France), et nous voila parti après que notre chauffeur, comme à son habitude a fait deux fois le signe de la croix.

Sodo – Jimma : 280km sur de la piste sinueuse recouverte tantot de pierre et tantot de latérite…

Contrairement à ce que je craignais, les routes, malgré le relief très montagneux, sont en très bon état et le réseau routier est dense. Très régulièrement nous croisons des personnels Ethiopiens qui ont la responsabilté de l’entretien de la route.

Les régions traversées ressemblent vraiment à nos Vosges.

La piste nous amène a des hauteurs de 2500m et la température ne doit pas dépasser 15°, ce qui avec l’humidité, donne une vrai sensation de froid. La conduite est difficile et épuisante avec du brouillard par moment. Il y a très peu de nids de poules mais les maitres de la route sont les animaux : ânes et mulets, dromadaires, chèvres, chevaux, boeufs.

Parfois des troupeaux entiers bloquent la circulation et il faut attendre qu’ils daignent bien dégager la voie. Il faut rajouter à cela les passants qui discutent et les enfants qui se servent de la route comme aire de jeu.

Tout au long de la route des visages souriants en attente d’un signe de la main ou d’un sourire.

Nous traversons la rivière OMO qui s’écoule entre des falaises de part et d’autre de son lit. Son débit semble assez important et la saison des pluies donne à ses eaux une couleur brunâtre.

Après 7h de route (40km/h en moyenne), nous arrivons enfin à Jimma, principale ville de l’Ouest . Pour la petite histoire c’est dans la région de Kaffa, proche de Jimma, qu’aurait été découvert le grain de café. Le terme CAFE viendrait de là.

L’essentiel de la production de café d’Ethiopie part de Jimma.

Le sourire de Werede à notre arrivée contraste avec le silence dont il faisait preuve pendant le trajet.

Nous découvrons une sorte de Bananier, l’enset, qui est l’arbre à tout faire des Oromo à l’instar du manioc au Congo. Cet arbre ne produit pas de fruit, mais en raclant l’amidon des feuilles et le tronc, en la faisant fermenter puis cuire on fabrique un aliment appelé kotcho, proche de la chikouangue. On l’utilise également pour emballer des produits (les feuilles) pour la construction, comme parapluie, comme assiette, etc…

Nous partons pour trois jours en camping chez les Surma, donc nous n’aurons aucun accès au net.

Bises à tous et merci pour vos msg.

 

Vers Sodo

Nous nous habituons tout doucement à notre statut de FARENJI…. nom donné aux blancs, et qui est une déformation du mot « french ».

Nous partons de bonne heure pour SODO, première étape de notre circuit dans le sud.

Il a beaucoup plu dans la nuit et nous voyons de grandes étendues inondées. Dans les villages de grosses flaques ont envahi les cours parfois, jusqu’au pallier des maisons.

Pour vous dire a quel point notre chauffeur porte bien son nom, au moment de la pause petit-déjeuné, une des roues a crevé juste devant le restaurant situé en face d’un atelier de vulcanisation…. 😀

Rien ne peut nous arriver, surtout qu’après avoir été à Harar, ville sainte musulmane, nous traversont Nazareth (ou Nazreth) :-D….

Au lac Ziway – immense – une nouvelle pause nous a permis d’observer des marabouts, ibis et cormorans.

A Ziway également, de grosses plantations de roses et autres, cultivées pour l’exportation en Hollande. Mes prochains achats de roses me reporteront surement en Ethiopie ;-). Les conditions de travail des ouvriers sont terribles (pas de vrai protection sociale, pulvérisation sans protection, etc….).

En traversant Shashemene, nous voyons le camp de la communauté rastas. Haile Selassie, qu’ils considèrent comme un prophète, leur a donne la terre pour qu’ils s’y installent.

 

La route traverse la Rift Vallee. L’érosion des collines est importante et les champs sont coupés de crevasses de parfois plusieurs mètres.

Les paysages sont toujours aussi beaux et variés.

Werede nous parle de son pays, de son travail, de politique, de tourisme et de ses rencontres avec les touristes qu’il guide depuis 7 ans… C’est un garçon adorable et très pieu.

 

En route nous nous arrêtons dans un village Alaba. Cette ethnie musulmane a pour habitude de peindre ses cases de dessins varies ou de figures géométriques. Elles sont très grandes (10m de diamètre) mais abritent les bêtes d’élevage ainsi que la famille. Etant musulmans, le chef de famille peut avoir 4 femmes. chaque femme possède pour elle, ses enfants et ses animaux une case de ce type.

Une case un peu plus petite fait office de mosquée.

C’est la saison des labours et nous voyons de nombreux agriculteurs travailler ou aller dans leurs champ avec les boeufs et une charue constituée d’un soc métallique maintenu par deux longues pièces de bois dont l’une permet de guider le tracé et la deuxième est liée aux boeufs (un ou deux).

 

Arrivé à Sodo à 17h30 (9h30 O’Clock heure Ethiopienne 😉 ).

Recherche d’un cyber café pour vous donner des nouvelles.

Les laisons sont catastrophique ce qui explique que je n’ai pas mis de photos dans le blog. De plus les clavier QWERTY en Ethiopie n’ont pas de caractères accentués. Pardon pour les puristes en orthographe.

Au fil des jours, les photos arriveront (C’est le cas aujourd’hui).

Nous commençons a ressentir un peu la fatigue et nos intestins font des caprices, mais rien d’alarmant. Ce serait inquiétant si le rythme et le changement alimentaire n’avaient pas d’effets.

 

Wild life

Nous quittons Harar pour Awash par la même route par laquelle nous sommes venus.

Durant le trajet je suis plongé dans mes pensées, bercé par une musique lancinante mise par Werede sur le lecteur CD de la voiture.

La mendicité est très importante à Harar. Certaines rues sont bordées tout le long de mendiants soient handicapés par la lèpre ou la polyo, soient sans abrits ou encore vieux ou fous. L’importance de l’islam, qui recommande à chaque bon musulman de donner l’aumone, explique surement un peu cette situation.

Impossible de répondre à toutes les demandes. Et comment distinguer les vrais nécessiteux des faux? Comment distinguer ceux qui mendient par faim ou parce qu’ils ont besoin d’argent pour acheter le Khat ?

Difficile toutefois de rester indifférent à coté de cette femme, assise sur le bas coté en pleurs et que rien ne semble pouvoir consoler. On ne sait pas pourquoi elle pleure, mais elle ne fait pas semblant….

Je ne peux m’empêcher de penser à cette phrase qu’affectionne Jean ZIEGLER : « L’autre est moi et moi je suis l’autre ».

Que ferions nous si nous étions nés 6000km plus au sud ? Quelle opinion aurions-nous de cette société occidentale qui monopolise 80% des richesses de la planète ?

 

La télévision nous bombarde d’images violentes où l’on voit des enfants Ethiopiens ou Somaliens atteints de marasme et mourir de faim. La FAO estime qu’il faut 120 millions de dollars pour venir en aide aux populations affamées de la corne de l’Afrique….

Parallèlement à cela LOREAL vient de distribuer 240 millions de dollars de dividendes à ses actionnaires… juste le double de ce qu’il faut… engrangés par la vente de produits de luxe.

Dans le domaine du football, d’après certains journaux sportifs le changement de club de C. RENALDO se négocierait aux alentours de 150 millions de dollars.

De quoi faire réfléchir…. juste immoral.

Malgré la mendicité qui est bien là, nous n’avons rien vu de similaire à ce qui passe à la télé.

Un proverbe camerounais dit « VOYAGE PAR LE MONDE, TU EN SAURAS LES PROBLÈMES. »…

Les Ethiopiens sont souriants, travailleurs et fiers. Ils ne veulent pas qu’on réduise l’image de leur pays à ces images de misère….

On nous parle d’aide alimentaire pour venir en aide aux réfugiés somaliens, mais à l’Ouest de l’Ethiopie, un planteur indien cultive (fait cultiver à moindre coût) 300 000 hectares de céréales qui sont exportées en Asie… La crise alimentaire en Chine fait des heureux dans un pays dans lequel on parle de famine.

Et que dire de ces surface de terre, dont la production de céréale est abandonné au profit de la production de Khat mieux rémunéré. Le Khat coupe la faim mais ne nourrit pas….

D’un autre coté l’aide alimentaire occidentale est juste la redistribution de nos excédents…. obtenus à grands coups d’engrais au détriment de l’écologie.

Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest, elle a contribué à l’augmentation de la consommation de pain (le blé ne pousse pas en Afrique de l’Ouest) ou de riz au détriment du mil qui n’est plus consommé en ville… L’effet immédiat est l’appauvrissement des populations villageoises et l’augmentation de l’exode rurale.

 

Je suis arraché de mes pensées par un dos d’âne mal négocié par WEREDE. Nous sortons de la zone montagneuse, similaire aux Vosges mais d’altitude plus élevé. Les flans sont entièrement cultivés. Les paysans vont au champ à pied, transportent leur production à pied ou à dos d’âne malgré la chaleur, malgré les dénivelés. Au loin, on voit un agriculteur battre l’orge (je suppose) avec un baton pour extraire le grain de sa récolte. Les Ethiopiens sont travailleurs….

Avant Awash, le relief est plus plat et la terre très aride. C’est la brousse, territoire des chacals, des singes et des hyènes.

Les huttes rondes en pailles des éleveurs nomades brisent la monotonie des herbes sèches et des pierres. Lorsqu’il n’y a plus de quoi nourrir leurs vaches ou chèvres, ils laissent tout, se déplacent vers des lieu plus verts et reconstruisent leurs habitations. Ils sont toujours armés, de fusils ou de kalachnikovs pour se protéger des bêtes sauvages mais plus surement des pilleurs.

 

Nous ne sommes jamais partis en Afrique pour voir des animaux sauvages, mais tant qu’à passer à coté un parc national autant s’arrêter.

Dans le parc d’Awash il nous a été permis de voir des coudous, des oryx, des babouins, antiloppes, crocodiles et de nombreux oiseaux dans leur environnement naturel.

Magique….

 

 

 

 

 

Harar

Petit dejeune dans le salon traditionnel harari. Les murs sont ornes de casserolles, de paniers, et de versets du coran. Trop charge a notre gout mais ca ne manque pas de charme.

Cette piece principale dispose de larges banquettes utilisees pour la ceremonie du the, du cafe ou du Khat.
Sur la gauche, une piece tres etroite dans laquelle sont rangees des affaires mais qui sert egalement de lieu occupe par des jeunes maries et qu’ils occupent pendant les 5 jours qui suivent le mariage.
Nous consacrons notre journee a la decouverte d’Harar. Ville pittoresque aux rues etroites et aux murs en banco nature ou peints en blanc ou de couleurs vives (bleu, vert, orange…).


L’acces a la medina entouree d’un mur d’enceinte de 3600m se fait par 6 portes appelees BAB (bab shoa, bab harar, bab buda, bab fallana, bab erer, bab sanga)…. cela nous fait penser un peu a Essaouira. Ormis la voie principale, on ne peut circuler dans la vieille ville qu’a pied. Les rues sont d’ailleurs toutes en pente.
Harar possede 99 petites mosquees, mais il y a aussi l’eglise catholiaue et les eglises orthodoxes. Et tout ce beau monde cohabite semble-t-il sans aucune tension.

L’omnipresence de l’islam implique aussi que les salutations et les remerciements se font en arabe…
Choukran Kebir pour nous avoir appris quelques mots.
Les hyenes qui rodent autour de la ville m’ont empeche de dormir une partie de la nuit derniere. En effet, elle penetres dans la ville la nuit pour manger des dechets alimentaires. Les chiens qui ne supportent pas ca, abboient sans effet si ce n’est pour reveiller tout le monde… sauf Claude.
Du coup ce soir nous sommes alle les nourrir en prevention…
Enfin… 😉 presque… nous n’y sommes pas alle seuls. C’est une tradition harari de plus de 50 ans, mais les hyenes rodent tout de meme la nuit.


PS : Desole grand chef pour le RDV manque. Ici, le seul Tchat possible est vegetal 🙂
La connexion est difficile. suite un jour prochain.

On the road

Apres la fraicheur de la nuit d’Addis Abeba, la chaleur Africaine sur la route vers Harar (ou Harer).
Notre chauffeur et guide a un nom imprononcable en Amharique : Werede….
La traduction francaise est bien plus simple : le miracle.
C’est notre Destin version Ethiopie (ca c’est pour les inities qui ont suivi les episodes precedents). Vous pouvez donc etre rassures, nous n’avons rien a craindre.

Depart a 8h apres un petit dejeune copieux pour Claude (Injera au piment et a la sauce tomate)… bien francais pour moi : cafe.
Pour les cafes addicts je n’hesite au plaisir de vous dire que le cafe ici est excellent> Je ne saia pas comment ils font car c’est souvent du robusta mais il est delicieux. Le cafe reste le premier produit d’exportation pour l’Ethiopie.

526km a parcourir entre Addis et Harar et a decouvrir des paysages magnifiques et varies. Des zones tres arides comme entre Dakar et St Louis du Senegal ou seuls les nomades eleveurs y trouvent leur place.
Des zones recouvertes de terres volcaniques, des colines a perte de vue et puis pendant 300km avant Harar, une zone tres verte et cultivee. Un peu comme Atakpame au Togo pour ceux qui connaissent (Melody). J’imagine que le Rwanda ou le Burundi doivent ressembler a cela.
L’agriculture est atelee, et la culture est assez diversifiee. Ils produisent du mais, de l’orge, du teff (ingredient de base de l’Injera) et de nombreux legumes. Cette region doit vraiment etre un grenier pour ce pays.
D’apres notre chauffeur, le deuxieme produit agricole d’exportation est le Khat (prononce Tchate).

Il s’agit d’une plante euphorisante fortement consommee dans cette region musulmane. C’est une feuille qui a le gout de la noix de cola en Afrique de l’ouest. C’est un peu le vin de chez nous mais en version DD ( Developpement durable), pas de verre pas de bouchon, juste une plante biodegradable. On peut aussi la consommer en version LUXE en l’accompagnant de boisson gazeuse sucree. Ca devient le crement de chez nous :-).
J’ai essaye… aucun effet sur moi. Sans doute que mon cote euphorique etait deja arrive a saturation ;-).
Claude s’est limitee a l’eau plate. Raisonnable, elle s’est mefiee des effets secondaires et d’une eventuelle amybiase.

A notre arrivee a 18h, nous nous sommes installe dans une Guest House situee dans une maison traditionnelle Harari. Causette avec le frere de la proprietaire aui est un vieux Monsieur de 70 ans a l’anglais parfait.En quelques mots, avec passion, il nous parle de sa ville dans laquelle les Harari originaux sont devenus une minorite. Ils ne representent plus que 8% de la population. 50% sont des OROMO originaires de la region a l’est d’Addis.
Pour info, Harar est la 4eme ville sainte pour les musulmanset a ete le pied a terre d’Arthur RIMBAUD.

Bon anniversaire Laurent

Welcome to Ethiopia

Oui Mado….

Après une journée dans les transports nous sommes bien arrivé à Addis Abeba à 3h10 (du matin) comme prévu… Nous avons eu 2h de retard au Caire mais sans conséquences.

Comme prévu, nous nous sommes installés dans l’Hotel Taitu pour une courte nuit. L’hotel dont j’ai déjà parlé a vraiment du cachet : escalier et plafonds en bois, un peu usé par le temps mais très chouette quand même. Le reste est moins bien…. mais la litterie est bonne donc tout va bien.
Il est situé dans un quartier appelé Piazza, nom donné par les Italiens qui l’ont occupé avant guerre.

J’ai eu un peu de mal à dormir…. l’excitation de la journée, les prières publiques et amplifiées des églises orthodoxes proches… et même pas d’Internet pour répondre aux mails….

Claude a dormi pour deux…..

Il fait relativement froid (15°C) et humide à 2400m d’altitude, et à l’heure où j’écris, on se réchauffe comme on peut, même avec le ventilateur de l’ultra portable :-D.

Pas de jalousies sur ce plan entre nous, pour vous qui êtes restés en Alsace.

Addis Abeba (Nom donné par Taitu l’épouse de Menelik II et qui signifie Nouvelle Fleur) est assez différent, à première vue, des capitales africaines qu’on connait. Pas de vrai quartier économique ou politique…. c’est un gros chantier où des immeubles neufs cotoyent les immeubles staliniens de la période marxiste léniniste, les bidonvilles, les maisons en torchis et les maisons en phase de destruction avant reconstruction. Les quartiers populaires sont repoussés bien au loin. On nous a parlé de 20km…..

L’urbanisation se fait avec les plus offrant et malheureusement ce ne sont pas les plus pauvres… Conclusion, une multitude de personnes se font expulser et se retrouvent sans domicile avec pour seul lieu de vie la rue. Les 2,9millions d’habitants d’Addis sont plus proche des 10 car les sans-foyers (homeless peoples) ne sont pas comptabilisés ni comptabilisables.

La première matinée a été très administrative…. Rencontre avec notre guide…. Recherche d’une banque pour échanger les chèques de voyage….
Pour ceux qui comptent voyager en Ethiopie (pour nous chercher, ou autre…) , inutile d’emmener des Travellers chèques… Les banques ne les connaissent pas bien.

Les Ethiopiens sont très gentils et souriants, mais la mendicité est omniprésente ce qu’on avait un peu oublié avec le Congo.

Nous avons eu un bon accueil chez notre guide et avons profité des services d’un chauffeur pour la journée.

L’anglais Ethiopien est un peu particulier et il faudra un temps d’adaptation.

Exemple « First » se dit « Feurest », « This » se dit « Toss », etc…

Coté gastronomique, ce qu’on a mangé aujourd’hui était excellent : une sorte de galette (Injera) avec des viandes en sauce. Pas de couverts…. On mange à la main… Une solution au lave-vaisselle en panne. Je retiens l’idée…. Vieux souvenir aussi d’un séjour au Sénégal…

 

 

 

 

Non ce ne sont pas les Vosges…. Au loin Addis Abeba pris de la coline ENTOTO (3000m)

Demain de bonne heure nous partons pour Harar… Il parait qu’une connexion est possible mais pas sûre…

J – 0,5

A J-0,5 les choses s’organisent…

Demain à cette heure-ci nous serons, en principe en vol.

Nous avons récupéré les chèques de voyages et les bagages sont presque prêts…. pas de stress.

Le chat, après son opération, va bien également. Nous pouvons donc partir.

Petits commentaires sur « là où on met les pieds »

L’Ethiopie est grand comme deux fois la France avec 75 millions d’habitants.

Il fait parti, avec le Soudan, la Somalie, l’Erythrée, le Kénya, l’Ouganda et Djibouti des pays de « la corne de l’Afrique ».

La monnaie locale est le Birr : 1 birr vaut 4 cts d’euros

Tableau comparatif Ethiopie-France


  Ethiopie France
Indice de développement humain (rang
sur 177 pays)
170 2
Espérance de vie 47 ans 80 ans
Indice de fécondité(Moyenne enfants/femme/age de procréer) 5,9 2
Taux de mortalité infantile 110/1000 4,2/1000
PIB /habitant 427$ 20510$
Salaire mensuel moyen 100 euros 1700 euros
Coût moyen d’un repas 50cts 6,2euros
Population 75 millions 60 millions
Dépenses publiques d’enseignement (% PIB) 6,6% 6,4%
Dépenses publiques de santé (% PIB) 3;4% 29,2%
Dépenses militaires (% PIB) 19% 1,9%
Capitale / nombre d’habitants Addis Abbeba2,9 millions Paris2,2 millions
Taux d’alphabétisation des 15 ans et plus 42% 100%
Religions Chrétiens orthodoxes (45 %)Musulmans (45 %)Catholiques, protestantset religions traditionnelles (10%). Catholiques 55 %Sans 25%Musulmans : 5 à 7%
Le régime politique actuel est démocratique. Le parti au pouvoir est le Fond Démocratique Révolutionnaire du Peuple Ethiopien. Ce régime à pris le pouvoir après une longue période Marxiste Léniniste dirigée par le général Mengistu. Période où les russes et les cubains étaient omniprésents pour aider le régime à lutter contre les différents front de libérations (Erythrée, Tigré) et pour remporter la guerre de l’ogaden.  Cette période a contribué à introduire des quantités importantes d’armes en Ethiopie. Armes qui sont toujours en circulation.
Mengistu a renversé Hailé Selassie suite à la grande famine de 1974.
Le nom de HAilé Sélassié ne devrait pas être inconnu à tous ceux qui s’intéressent à la musique REGGAE.
Le Ras Tafari, héritié du roi Salomon est proclamé roi des roi (Négus) en 1926 et il adopte le nouveau nom de Hailé SELASSIE.
A son actif, l’abolition de l’esclavage en Ethiopie, l’intégration à la Société des Nations, la résistance à l’invasion coloniale, la modernisation de l’Ethiopie, etc….
Assez de faits pour que les jamaïcains en quête d’identité l’adoptent comme nouveau messie.
Ecoutez Bob MARLEY – Babylone par Bus… Il introduit son concert avec « RAS TAFARI ever living, ever faithfull, ever sure… » c’est à dire  « RAs Tafari toujours vivant, toujours fidèle toujours sur…. »
Le terme de Rasta vient de l’Ethipopie….
Fin de la minute culturelle….
retour à l’histoire
Hailé Selassie a été assasiné par Mengistu et il a été condamné à mort par coutumace pour ça.
Suite en live……
Bon anniversaire Joanne

J-6

Dans 6 jours nous aurons, en principe, passé notre premier jour à Addis Abeba.

La nuit de notre arrivée, ainsi que la suivante, nous la passerons à l’hotel Taitu d’Addis Abeba.

Il s’agit d’un des plus vieux hotel d’Addis Abeba construit en  1898 sous le règne d’Hailé Selassié.

A voir comme ça, il ne manque pas de charme mais les avis de ceux qui l’ont fréquenté sont partagés…..

Il nous a été conseillé par Abel notre guide.

 

Dès mardi 26 au matin nous partirons pour une ballade de 11 jours.

La première destination est la ville d’Harer (B sur le plan) où Arthur Rimbaud a séjourné à trois reprises à l’époque où il faisait du commerce (en particulier d’armes).

Harer est situé à l’Est en direction de Djibouti.

Entre Addis Abeba et Harer se trouve la vallée de l’Awash célèbre par le fait qu’on y a découvert Lucy. Nous devrions dormir près du fleuve Awash le 28 (C)…. Avec les crocodiles nombreux dans ce coin et les hipopotames 

Le 29 au matin nous reprendrons la route pour la vallée de l’Omo, célèbre pour ses ethnies relativement traditionnelles.

Le circuit prévu :

  •  Le 29 au soir à Sodo (E) : Réserve d’oiseaux du Lac Ziway (D)
  • Le 30 Chida Jimma (F)
  • Le 31 : Mizane (G)
  • Le 1 : Tulgit (H)
  • Le 2 : Tulgit
  • Le 3 : Retour à Mizane (G)
  • Le 4 : Retour à Jimma (F)
  • Le 5 : De retour à Addis Abeba (A)
  • Décollage le 8

Bien sûr, il s’agit d’un projet…. mais nous serons en Afrique…. et les circonstances pourraient nous amener à changer ce programme.

J-8

On devrait toujours réfléchir à ce qu’on a oublié quand on a pensé à tout…..

c’est la pensée du jour

  1. Billet d’avion Franckfurt Addis Abeba : OK
  2. Billet de train Freiburg Franckfurt : OK
  3. Le guide : OK
  4. Les médicaments OK
  5. Les valises : bientôt

…….

Zut les chèques de voyage…. A J-8 ça va être dur de les avoir, mais on y croit…


 En attendant… petit air de vacances avec la présence pour quelques jours,  de Nelly,  qu’on a connu en 1985 au Congo et de son mari François dont on a fait la connaissance en 2010 au Congo.

BON ANNIVERSAIRE LYDIA

Bientôt L’Ethiopie

Nous n’avons jamais été en Afrique de l’Est…. jamais en Afrique anglophone…..

Ce voyage était dans nos têtes depuis longtemps…. et il se fait sur un coup de tête d’une nuit.

Nous savons qu’il sera différent de nos autres séjours en Afrique…

…différent du séjour au Sénégal où nous mettions pour la première fois les pieds sur ce continent…

…différent de nos séjours au Congo où l’affectif à pris le dessus sur tout le reste et qui a fait de ce pays le nôtre…..

…différent du Togo, où nous travaillions dans un projet de développement…

… différent de la Cote d’Ivoire et du Maroc, où nous allions rencontrer des amis…

et différent du voyage au burkina, pays de Domboue, pays de Sankara, pays à haute portée symbolique et politique pour nous.

L’Ethiopie qui, pour toutes ses particularités, est un pays à part en Afrique dans notre imaginaire :

  1. on y a découvert Lucy au bord du fleuve Awash. Notre ancêtre Australopithèque découverte par Yves COPENS sur une musique des Beatles
  2. le seul pays jamais colonisé en Afrique… tout juste occupé par l’Italie pendant 6 ans
  3. le négus, roi traditionnel, qui d’après la légende est le descendant du roi Salomon et de la reine de Saba
  4. des traditions conservées et perpétrées (pour le tourisme??? on verra bien) par beaucoup d’ethnies
  5. une altitude moyenne de 2000m…. Addis Abeba la capitale est à 2400m
  6. une tradition chrétienne copte. Singularité également en Afrique.
  7. un pays aussi dont on a appris à connaitre le nom dans notre enfance, tristement suite à cette terrible famine de 1973 puis de 1984
  8. L’influence de l’Egypte pharaonique sur cette région traversée par le Nil bleu

Il faut toujours trois bonnes raisons pour faire quelque chose….. le quota est atteint 😉

Bon anniversaire MADO